| 100 scientifiques ont, début juillet, lancé un appel « pour une loi d’urgence climatique », suivi d’une pétition, exigeant notamment l’interdiction de nouveaux financements d’entreprises françaises visant à extraire charbon, pétrole ou gaz, la suppression des subventions aux énergies fossiles, la reconnaissance du crime de « globocide ». Leur tribune cible à juste titre la firme Total, dont les profits dépassent tous les records cette année, et son PDG Patrick Pouyanné. |
| Leur exigence s’adresse donc au pouvoir légiférant, l’Assemblée nationale, et à l’exécutif pour qu’il ne mette pas de bâtons dans les roues de l’urgence vitale. De même, l’appel « Qui aurait pu prédire … » à manifester en masse le 26 septembre, que soutient et relaie Aplutsoc, s’adresse dans ces termes à l’Assemblée nationale, au gouvernement et à Macron : |
| « Nous ne venons pas vous demander de nous plaindre. Nous venons vous demander des comptes. Nous exigeons un plan d’urgence, parce que l’été prochain sera plus chaud que celui-ci. » |
| Ne pas attendre l’été prochain. Donc ne pas attendre les présidentielles. Exiger, imposer, réaliser. Maintenant. C’est vital. |
| Urgence, exigence, légiférer maintenant : soulignons la similarité de la démarche avec la Coalition féministe et enfantiste, ou Collectif « loi intégrale », dont les manifestations où les femmes ont fait irruption ont marqué le mois de juin : les 10 points mis en avant constituent une exigence adressée à l’Assemblée nationale, non satisfaite à ce jour malgré la mise en route d’une proposition de loi que l’union des droites du RN aux ex-macroniens a voulu détourner vers la seule dimension sécuritaire. |
| Le dirigeant parlementaire de LFI et président de la Commission des Finances de l’Assemblée nationale, Eric Coquerel, a par ailleurs réitéré ce 3 août sa demande d’une réunion extraordinaire de l’Assemblée fin août pour décider d’une loi de finance rectificative pour augmenter les crédits de lutte contre les incendies et aborder l’urgence climatique. |
| Oui, il y a urgence, et donc urgence à légiférer. La majorité relative des députés élus au titre du Nouveau Front Populaire en juillet 2024 pourrait et devrait, conformément au mandat populaire de ses électeurs, mettre cela en avant, censurer le gouvernement comme l’avait proposé le groupe écologiste début juillet, et mettre tous les autres députés au pied du mur des décisions législatives urgentes à prendre tout de suite. |
| Mais l’on sait que cette majorité relative s’est affaiblie elle-même par la division et que la majorité des députés PS début juillet, contre le vote du propre premier secrétaire de ce parti Olivier Faure, avait décidé de ne pas affaiblir l’exécutif de la V° République. |
| Dans cette Assemblée nationale, s’est dessinée une majorité non élue comme telle, car en juillet 2024 les électeurs n’ont pas voté pour elle et tout au contraire ont fait barrage au RN : une majorité RN/UDR/LR/Horizons, allant plus ou moins au-delà parmi les ci-devants macroniens. |
| Cette fausse majorité parlementaire illégitime s’est manifesté frontalement en votant en pleine catastrophe thermique une prétendue loi d’urgence agricole permettant à la mafia des Duplomb de polluer et préemptant les réserves d’eau pour les magnats de la FNSEA, alors que l’eau est rationnée. |
| Cette fausse majorité illégitime est celle que le premier ministre Lecornu cherche à avoir pour le prochain budget de 2027, qui sera un budget de guerre sociale contre les besoins vitaux et les services publics. |
| Ainsi donc les urgences, climatique, sociale, démocratique, féministe, les besoins majoritaires, se heurtent immédiatement à un exécutif illégitime et à une majorité parlementaire qui n’a jamais été élue comme telle. L’urgence et la colère vont monter jusqu’au 26 septembre et au-delà contre le vote du budget. |
| A qui fera-t-on croire que tout cela dépend des présidentielles six mois plus tard ? C’est l’inverse. L’attente des présidentielles et les présidentielles elles-mêmes ont pour fonction de faire passer ces mesures antidémocratiques et de relancer la V° République, si possible avec un exécutif de combat unissant RN et droites, sous l’égide de Trump et de Poutine. Si on attend en « faisant campagne » c’est ce qui va se passer. |
| C’est en n’attendant pas qu’on empêchera cela et pas autrement, en exigeant tout de suite les lois d’urgence conformes aux besoins majoritaires. Le sort de la présidentielle, ses résultats, se jouent d’abord là ! |
| L’exigence majoritaire se heurte et va se heurter aux atermoiements et à la division des députés élus au titre du NFP et à la fausse majorité RN/UDR/LR/Horizons/Attal, conduisant tout partisan conséquent de la démocratie à une conclusion logique : il faut élire une Assemblée souveraine qui légiférera réellement, dès maintenant si possible, sinon en même temps que la présidentielle ou juste après. |
| En raison des conditions climatiques et sociales, ce scrutin législatif est et sera le spectre qui va hanter les présidentielles. Macron a déjà dû démentir les rumeurs lui prêtant l’intention de dissoudre à nouveau avant le 18 avril (1° tour de la présidentielle). Et tout le monde s’attend à ce que l’élu ou l’élue du 2 mai 2027, si les choses vont jusque-là, dissoudra – bien entendu pour avoir une Assemblée à sa botte, mais il pourrait en aller autrement ! |
| Si l’affrontement social et climatique se généralise et se centralise, c’est bien vers une assemblée souveraine, constituante, qu’il faudra nous orienter, en finissant avec le RN et la V° République, dans le même mouvement ! |
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