BILLET D’HUMEUR.
Cet été j’ai hiberné. Manière de dire que l’été a souvent passé les bornes et j’ai réussi à trouver un terrier.
Je suis pauvre, pas mal, et vieux aussi, pas mal. Un pauvre vieux, en somme, pas trop con pour une minorité de connaissances. J’ai beaucoup écouté.
Au téléphone mes jeunes connaissances m’expliquaient leurs conditions de travail de plus en plus pénibles, dans les champs, sur les routes, dans les casernes de pompiers, au chevet des malades ou des anciens, dans le tourisme et la restauration.
Ici à Dingoville comme à Paris, celles et ceux qui nous dirigent ne nous connaissent pas, ne partagent pas, mais pas du tout, nos conditions d’existence. C’est tellement vrai qu’en moyenne ils vivent 10 ans de plus que les travailleurs les plus démunis et en bonne santé.
Nos dirigeants, ici comme à Paris, disposent d’habitats spacieux et bien tempérés été comme hiver. Ils ont terrains, résidences multiples, piscines, voitures climatisées et garages. Ils sont correctement payés par la République. Mais pas un n’envisage de communiquer sa déclaration de revenus avant et après l’exercice de ses mandats. Ce n’est pas leur travail qui les enrichit. Ce sont les lois qu’ils votent qui les enrichit. Puis une fois la machine en route,
c’est l’argent de l’argent qui les enrichit et nous prive chaque jour un peu plus d’eau et d’oxygène. Ils nous cassent la gueule chaque fois qu’on demande un peu de considération.
Cet été, du fond de mon trou, j’ai écouté les informations.
Les braises vont être difficile à planquer sous le tapis. Avec les mégafeux qui narguaient les maga bassines, Marine de La Peine en Suspend et son Prince des Deux Siciles et du petit Jésus sont bien emmerdés côté réchauffement climatique. Encore 8 mois.
Heureusement qu’il y a Vincent Bolloré et Pascal Praud. Je vous résume : si on brûle les écolos, à commencer par leur sorcière en chef, les incendies vont disparaître avant l’été prochain. Le Jean-Luc s’enflamme souvent. Mais il a déjà eu St Denis sans Jeanne-d ’Arc.
Et puis j’ai bien rigolé à écouter les radio du service public. D’abord pendant deux mois des émissions exceptionnelles d’intelligence et de culture, d’histoire.
Quand les « pros » de l’antenne partent en vacances on entend souvent des voix plus fraîches, plus indépendantes.
Plus jeunes et plus honnêtes aussi. Leur avenir les inquiète bien plus que les vieux croutons.
C’est normal, comme chantaient Areski et Fontaine.
Les chevaux de retour des stations publiques ont compris qu’en cas de victoire du RN ce serait la dernière séance. Ils prennent enfin en considération les quelques consœurs et confrères lanceurs d’alerte qui ont échappé aux purges de la Macronie. C’est assez jouissif.
Pour Guillaume Meurice, les journalistes ont continué à roupiller (un humoriste, pensez) avec Patrick Cohen et Thomas Legrand ils se sont pincés. L’audition de la commission montée au bout de 10 ans d’efforts par Charles-Henri Alloncle ils ont du se la repasser en boucle pour finir de se déciller (voir le profil de Papa Alloncle – Philip – et les postes qu’il a occupé et occupe comme préfet).
Réveil bien tardif qui va les contraindre à voter, toute honte bue, pour Méluche ?
Il y a un journaliste que je ne peux plus, que je ne peux plus entendre : Guillaume Erner. Je l’ai entendu lourdement nous poser deux merdes à l’antenne de France Culture juste avant de partir en congés.
En tentant de faire dire le faux à l’historien Patrick Boucheron, sur Marc Bloch, ce 23 juin.
En toute complicité avec Marine La Pen qu’il recevait le lendemain. A qui il a offert le cadeau d’un montage audio crapuleux dans lequel Jean-Marie Le Pen et Jean-Luc Mélenchon
s’entendaient sur le dos des juifs. Abject. Guillaume Meurice a été viré, Guillaume Erner a reçu un blâme. Il ne peut accepter l’humour
de Meurice mais n’importe lequel de mes amis juifs aurait pu revendiquer sa blague sur Benjamin Netanhyau . Et pendant ce temps-là l’élimination des journalistes palestiniens et de leurs frères et sœurs journalistes ou non, de tous âges, la destruction de leurs culture, de leurs terres, de leurs puits, de leurs hôpitaux, de leurs cimetières se poursuit dans la complicité révoltante d’un Guillaume Erner et de nos dirigeants.
J’appelle au boycott de la tranche horaire de l’incendiaire Guillaume Erner. Lisez plutôt OmerBartov « Israël. Une course vers l’abîme ». Paru au Seuil, en mai 2026
En conclusion de ce billet, qui me dit que les élections ne se tiendront pas plus tôt ?
A bien entendre les candidats la situation est ingérable. Aucun d’entre eux ne peut souhaiter, sauf s’il se pense visionnaire, prendre le pouvoir.
Personne dans le marais puant qui va des socialistes aux frontières poreuses du RN ne veut revendiquer la moindre parcelle du Néron encore au pouvoir.
Entre Marine et Jordan, le RN a tout du pantin qui se désarticule. Pas d’autre projet que de servir les milliardaires en faisant du bisness à la mode Trump. Les élites de ce parti désespèrent même les patrons. Depuis le père Le Pen, il a toujours eu la trouille profonde d’accéder au pouvoir. Sauf à être porté par une Europe ayant largement viré libertarienne.
Pour eux, le Pape n’est pas le moindre des emmerdeurs. Qui l’eut cru ?.
Reste en cas d’élection raccourcie une seule machine en ordre de marche. LFI.
Vite, la guerre ! L’agonie du couple régnant d’Emmanuel et Brigitte Macron ne peut durer 3 trimestres. Les guerres, la guerre peut de plus en plus en être l’issue.
Omer Bartov est un historien et professeur d’université israélo-américain né le 17 avril 1954 en Israël, reconnu comme un
spécialiste mondial de la Shoah et de l’étude des génocides.