A Paris : manif du 20.09.26 contre la loi sur l’usage légitime des armes pour la police

France Info :

« Un ultime crachat à la tête des familles de victimes » : à Paris, des milliers de manifestants dénoncent la loi sur la présomption de légitime défense pour les forces de l’ordre

Quelques milliers de personnes, dont des députés de gauche et des représentants de syndicats de magistrats, ont défilé, notamment dans les rues de la capitale dimanche, contre la proposition de loi sur la présomption d’usage légitime des armes par les forces de l’ordre.

Cela revient, selon eux, à « un permis de tuer ». Des milliers de personnes ont manifesté, dimanche 20 septembre, dans toute la France contre la proposition de loi sur la présomption de légitime défense pour les forces de l’ordre. Adopté le 7 juillet dernier par les députés, le texte prévoit que policiers et gendarmes « sont présumés avoir agi » dans le respect de la loi quand ils « font usage de leurs armes ». Il doit désormais être examiné par le Sénat et provoque une vague de contestation.

« Tout le monde déteste la police ! », scande la foule dans la manifestation parisienne, qui s’est globalement déroulée sans débordement, à part quelques vitres d’arrêt de bus fracassées et des jets de gaz lacrymogène par les forces de l’ordre en fin de cortège. Quelques milliers de personnes ont défilé, dont beaucoup de jeunes prompts à reprendre des slogans antifascistes et antipolice que les pancartes résument bien : « Police partout, justice nulle part. » « La police tue, pas un mort de plus. » « Nos impôts financent nos assassins. »

Zakia, militante La France insoumise, tient un panneau avec des noms : « On a El Hacen Diarra tué en 2026, Sullivan Sauvey 2024, Kyllian Samathi 2024, Nahel… Nahel, c’est un bon exemple, tout le monde l’a vu sur la vidéo : il n’y avait aucune mise en danger du policier. Il aurait pu viser n’importe où. Non, il a visé pour le tuer. Donc, aujourd’hui, on a la police qui abat des gens dans les rues, mais maintenant, en plus, ce qui va se passer, c’est que l’IGPN n’aura plus besoin de faire d’enquête, puisque finalement, ce sera d’office de la légitime défense. »

Cela revient, selon eux, à « un permis de tuer ». Des milliers de personnes ont manifesté, dimanche 20 septembre, dans toute la France contre la proposition de loi sur la présomption de légitime défense pour les forces de l’ordre. Adopté le 7 juillet dernier par les députés, le texte prévoit que policiers et gendarmes « sont présumés avoir agi » dans le respect de la loi quand ils « font usage de leurs armes ». Il doit désormais être examiné par le Sénat et provoque une vague de contestation.

« Tout le monde déteste la police ! », scande la foule dans la manifestation parisienne, qui s’est globalement déroulée sans débordement, à part quelques vitres d’arrêt de bus fracassées et des jets de gaz lacrymogène par les forces de l’ordre en fin de cortège. Quelques milliers de personnes ont défilé, dont beaucoup de jeunes prompts à reprendre des slogans antifascistes et antipolice que les pancartes résument bien : « Police partout, justice nulle part. » « La police tue, pas un mort de plus. » « Nos impôts financent nos assassins. »

Zakia, militante La France insoumise, tient un panneau avec des noms : « On a El Hacen Diarra tué en 2026, Sullivan Sauvey 2024, Kyllian Samathi 2024, Nahel… Nahel, c’est un bon exemple, tout le monde l’a vu sur la vidéo : il n’y avait aucune mise en danger du policier. Il aurait pu viser n’importe où. Non, il a visé pour le tuer. Donc, aujourd’hui, on a la police qui abat des gens dans les rues, mais maintenant, en plus, ce qui va se passer, c’est que l’IGPN n’aura plus besoin de faire d’enquête, puisque finalement, ce sera d’office de la légitime défense. »

Les noms de victimes de la police inscrits sur une pancarte brandie lors de la manifestation contre la loi sur la présomption d'usage légitime de leur arme par les forces de l'ordre, à Paris, le 20 septembre 2026. (JULES DE KISS / FRANCEINFO / RADIO FRANCE)
Les noms de victimes de la police inscrits sur une pancarte brandie lors de la manifestation contre la loi sur la présomption d’usage légitime de leur arme par les forces de l’ordre, à Paris, le 20 septembre 2026. (JULES DE KISS / FRANCEINFO / RADIO FRANCE)

Si le texte passe au Sénat, un policier ou un gendarme qui a tiré sera par défaut considéré dans son bon droit. Il y aura une présomption d’un usage légal de son arme, alors qu’aujourd’hui, une enquête doit le démontrer. Tout cela révulse Stéphanie, qui a écrit sur ses pancartes « Morte, je ne pourrai rien prouver » et « J’ai fait un rêve : une police intègre ». Elle craint que les policiers n’aient plus à justifier d’avoir tué quelqu’un si c’est aux familles d’apporter des preuves qu’il y a eu un abus : « Par exemple, si je suis toute seule et qu’il n’y a pas de témoins, je ne pourrai rien prouver puisque je serai décédée. Donc, je veux qu’il y ait une enquête qui se fasse tout de suite et qui n’attende pas des semaines, des mois, avant de se faire, que peut-être des témoins disparaissent… »

« La police tue déjà »

Les syndicats de policiers rétorquent quant à eux qu’il pourra toujours y avoir des enquêtes, qu’en pratique, ce texte, s’il passe, ne changera pas grand-chose. Mais il y a là un triste symbole, insiste Eyob. « C’est aux familles, qui sont déjà épuisées par les processus judiciaires et par le deuil, qui vont devoir récolter des preuves, expose le jeune militant contre les violences policières. Preuves qui ne sont pas entre leurs mains parce qu’elles proviennent des caméras. Donc elles vont devoir se saisir d’outils et de mécanismes qu’elles ne maîtrisent pas et ça va inverser le rapport de force. Cette loi, c’est une espèce d’ultime crachat à la tête des familles de victimes et plus généralement de toute personne qui croit que sa vie puisse être mise en cause par les forces de police. »

D’après ces manifestants, déjà trop de monde meurt chaque année sous les balles des policiers, alors inutile d’en rajouter. « La police tue déjà (…), nous devons faire échouer cette loi » qui « ne doit pas être inscrite à l’ordre du jour du Sénat« , a déclaré la députée insoumise Mathilde Panot au départ de la manifestation parisienne. En tête du cortège, les familles de victimes ont, elles, appelé à signer la pétition en ligne sur le site de l’Assemblée nationale pour peser sur le débat parlementaire. Elle a récolté 730 000 signatures mais a été classée par les députés membres de la commission des lois en juillet dernier.