Primaire du PS : de plus en plus élémentaire, mon cher Watson… enfin pas vraiment.
La primaire pour les nuls, récap.
Prenez des notes : même avec un tableau, un organigramme et trois aspirines, ça devient difficile à suivre.
– Deux socialistes jouent actuellement en solitaire.
D’un côté, François Hollande, franc-tireur reconverti en arbitre de touche, distribue les cartons rouges, siffle quelques hors-jeu et attend visiblement que tout le monde quitte le terrain pour récupérer le ballon.
De l’autre, Karim Bouamrane, qui, sans prétention, se targue d’être le « Barack Obama de la Seine » et convaincu qu’il finira par plier le match. Le pauvre. Ne pariez pas un radis sur celui-ci.
Passons au feuilleton interne de la primaire. Là, ça devient passionnant..
On a d’abord expliqué à un François Ruffin esseulé que la porte était fermée.
Puis Philippe Brun écarté pour violences, a saisi la justice, a été débouté et, depuis, regarde Olivier Faure avec l’affection qu’on réserve habituellement à quelqu’un qui vient de vous marcher sur la tête.
Olivier Faure, lui, n’a jamais vraiment dissimulé ses ambitions: petite, moyenne ou grande primaire, il a une envie folle comme il avait envie pressante il y a quelques mois d’être le premier ministre, à l’issue des législatives.
Jérôme Guedj, un second rôle ou rabatteur au choix, profite de la tribune pour rappeler, entre deux phrases, tout le bien qu’il pense de ce « salopard Jean-Luc Mélenchon » et tenter au passage de récupérer quelques voix pour le second tour de Raphaël Glucksmann.
Glucksmann, justement. Qualifié de « stagiaire » par Ségolène Royal (franchement bien trouvé ) l’ancienne candidate à la présidentielle semble surtout avoir pris cette primaire comme l’occasion rêvée de régler quelques vieux comptes et, si possible, de faire exploser le meuble de l’intérieur. C’est assez bien parti.
Puis surgit Emmanuel Maurel, le coucou politique, lui aussi un second rôle : Il a changé de nid, élu député avec les communistes et siégeant dans ce groupe, il sent bien que Fabien Roussel pourrait faire un nouveau flop et revient dare dare vers ses anciens amis et, accessoirement, négocier si une petite place est encore disponible.
Et enfin, le cas d’étude : le « stagiaire », Raphaël Glucksmann. Un parcours politique suffisamment sinueux pour nécessiter un GPS, trois cartes routières et probablement une bonne boussole.
À droite, au centre gauche, puis quelque part entre les deux selon les époques. Ses adversaires, pardons ses compétiteurs le présentent comme un « petit Macron bis ».
Quant au programme ? Bon, si toute cette petite équipe se déteste, cela ne fait pas programme, ni équipe.
Donc le programme ? Alors là, c’est flou. Très flou. À ce niveau-là, c’est un brouillard permanent.
Et comme disait Martine : quand c’est flou, c’est qu’il y a un loup. Ici, c’est une meute.
Voilà. Je viens de vous faire économiser 15 euros.
Ne me remerciez pas et en avril votez à gauche…. Vraiment à gauche.
Patrick Maurières
Image La bataille d’Hernani