Dans un document de 32 pages daté du 6 août, le parquet de Paris demande également un non-lieu pour d’autres faits d’agression sexuelle et de viol sur deux autres femmes, pour lesquels l’avocat est également poursuivi.
Le parquet de Paris a requis le renvoi en procès pour viol de l’avocat Juan Branco, selon des éléments du réquisitoire définitif dont Le Monde a eu connaissance mardi 1er septembre, confirmant une information de Libération et du Parisien.
Dans ce document de 32 pages daté du 6 août, le parquet de Paris demande que Juan Branco, 37 ans, soit jugé pour le viol d’une jeune femme au printemps 2021. Cette décision « est un immense soulagement pour notre cliente, après cinq années d’une procédure judiciaire harassante », ont réagi Nicolas Paganelli et Charlie-Elie Martin, les avocats de la plaignante, auprès de plusieurs médias, dont Le Monde. « Nous espérons très sincèrement qu’elle mettra un terme au comportement de toute puissance complètement hors de contrôle du mis en examen. »
De son côté, Juan Branco, qui a nié pendant l’instruction tout viol, dénonce un réquisitoire qui aurait été signé « après cinq ans de frénétiques recherches d’autres plaignantes demeurées vaines, afin de sauver un dossier vide », dans un communiqué transmis par l’intermédiaire de son avocat, Luc Brossollet.
A la fin d’avril 2021, une étudiante en sciences politiques âgée de 20 ans avait déposé une main courante au commissariat du 14e arrondissement de Paris au surlendemain d’une nuit passée au domicile de Juan Branco, expliquant qu’il lui avait fait consommer un médicament à base d’opium, puis l’avait forcée à un rapport sexuel sans son consentement.
« Le manque de sérieux est flagrant et préjudiciable pour toutes les parties »
En novembre 2021, l’avocat avait été mis en examen pour viol et placé sous contrôle judiciaire. Placé en garde à vue un mois plus tard, Juan Branco avait évoqué une relation consentie. Son avocat, Yassine Bouzrou, avait alors dénoncé des accusations « dépourvu[es] de fondement » et une « garde à vue (…) abusive ». Dans un long post sur Facebook, M. Branco avait nié toute relation contrainte avec la jeune femme. Après la révélation des accusations, l’avocat et essayiste avait assuré, dans un message à la presse, que la plaignante entendait « retirer » sa main courante au plus tôt.
Le ministère public réclame aussi un non-lieu pour d’autres faits d’agression sexuelle et de viol sur deux autres femmes, pour lesquels l’avocat est également poursuivi. « Nous découvrons avec consternation les réquisitions attendues depuis le 9 juillet 2024, et colère dans la mesure où tous les éléments matériels n’ont pas été considérés et que le réquisitoire comporte des éléments erronés ou tronqués », a dénoncé au Monde Fanny Vial, avocate de plusieurs parties civiles mais pas de la plaignante pour viol. « Le manque de sérieux est flagrant et préjudiciable pour toutes les parties. »
M. Branco est connu pour un succès de librairie, le pamphlet anti-Emmanuel Macron Crépuscule, paru en ligne à la fin de 2018, puis publié par les éditions Au diable vauvert et Massot en 2019. Il est devenu l’avocat de l’artiste russe Piotr Pavlenski dans l’affaire de la diffusion, en 2020, de la vidéo à caractère sexuel de Benjamin Griveaux, alors porte-parole du gouvernement et candidat à la Mairie de Paris.