LE BUSINESS DES RELIQUES

Gérard Delteil

Le 25 septembre, le pape tiendra un grand meeting au stade de France. Le clou de cette manifestation sera la présentation de la « tunique du Christ » dans un reliquaire vitré. Cette relique est d’ordinaire exposée dans la basilique d’Argenteuil. Ce serait ce qu’il reste du vêtement porté par Jésus avant sa crucifixion. L’origine de ce morceau de tissu est fort douteuse. Son expertise scientifique au carbone 14 indique qu’il a été fabriqué au 5ème ou 6ème siècle… après Jésus Christ. La tunique d’Argenteuil est d’ailleurs en concurrence avec une trentaine d’autres reliques présentées aussi comme « la sainte tunique du Christ », dont une à Buenos aires et une autre en Russie.
Bien entendu, l’Eglise ne veut rien en démordre. On sait depuis au moins deux mille ans que les reliques sacrées attirent les pèlerins et leurs oboles. C’est pour cela que beaucoup de lieux de culte veulent avoir une relique star, comme le Saint Suaire ou la couronne d’épines. Le moindre fragment d’os de saint vaut son pesant d’or. Ce retour en force largement médiatisé des superstitions médiévales reste tout de même inquiétant…
Même si ces croyances n’avaient jamais complètement disparu, on ne peut dissocier leur succès actuel de la montée des idées d’extrême droite et du complotisme.