Livre – » Vingt jours en Tunisie » de Paul Arène
Un regard fasciné par l’Orient Effectué en 1882, le séjour en Tunisie de l’écrivain français Paul Arène ressemble beaucoup aux relations de voyage du dix-neuvième siècle. Il en possède la fascination pour l’Orient et aussi la lenteur qui prend le temps de détailler ce qu’aujourd’hui, nous regardons seulement en surface.
De fait, ce livre s’appuie autant sur la capacité d’observer de son auteur qu’une langue française d’un autre siècle : précise, fleurie et se déployant en de longues phrases.
Auteur provençal, ami d’Alphonse Daudet, Paul Arène est né à Sisteron en 1843. Journaliste, chroniqueur et conteur, il est réputé pour ses pages immortelles où il décrit alpages et paysages de Provence qu’il a contribué à faire connaître à l’instar de Jean Giono, un autre enfant de ces terroirs.
Dans » Vingt jours en Tunisie « , Arène profite d’une visite à son frère qui était vice-consul de France à Sousse, pour réaliser un récit de voyage qui vient d’être réédité in extenso par Arabesques. Cette aventure éditoriale a été rendue possible grâce à Édouard Kroczek qui connaît bien la Tunisie qu’il visite fréquemment.
Connaissant le récit de Paul Arène et réalisant qu’il n’était pas diffusé en Tunisie, Édouard Kroczek a sensibilisé les éditions Arabesques à l’importance de cet ouvrage et ainsi contribué à sa récente publication et promotion lors de la Foire internationale du livre de Tunis. Vingt-trois chapitres brefs, intenses et imagés Ce livre de 186 pages se présente en vingt-trois chapitres brefs, intenses et imagés. On y suit les pas de Paul Arène dès son arrivée en Tunisie puis jusqu’à son départ.
L’auteur séjourne un temps à Tunis avant de se rendre à Sousse où le récit est écrit en grande partie. Le pittoresque local aimante le regard de Paul Arène qui sillonne les rues, observe les coutumes et participe au quotidien. Il réalise ainsi une chronique d’un pays qu’il découvre avec des yeux pétris de curiosité. Un voyage à Kairouan et le projet d’arpenter les oasis du sud complètent cette traversée et révèlent les qualités d’observateur de Paul Arène qui sait déceler ce qui se cache derrière les apparences tout en se référant à sa culture provençale.
À ce titre, cet ouvrage constitue une belle découverte et offre au lecteur quelques pages d’anthologie tant la qualité des descriptions de l’auteur est attachante. Les sources provençales d’une pépite littéraire.
A noter la conférence que fera Jean-Marie KROCZEK à ce sujet
le samedi 26 septembre 2026 à 18h – salle de l’auditorium à Sisteron