Richard Bohringer : « Je reviens de l’abattoir » – Cancer, ruine, alcool… le retour du géant du Grand Chemin 

On reconnaîtrait sa voix entre mille. Rocailleuse, profonde, marquée par la vie. Richard Bohringer, c’est le géant au cœur tendre du cinéma français. Mais ces dernières années, le géant a vacillé. Il a tout affronté : l’alcool, l’hépatite C, la ruine financière, et un cancer du système nerveux qui a failli l’emporter.
Retour sur le combat d’un homme qui a tutoyé la mort… et qui a choisi la vie. 
Avec ses mots crus et poétiques, il raconte son hospitalisation : il ne parle pas de clinique, mais d’un abattoir. Des mois de chimiothérapie, de douleur, où il a vu la fin arriver.
« La mort, je l’ai vue en face. Elle rôdait. J’étais au bout du rouleau, je ne pesais plus rien. »
Tout le monde le croyait condamné. Mais le « Bohringer » est coriace.
Loin des paillettes, il a aussi brisé le tabou de l’argent chez les stars. Il a tout perdu, vivant parfois à la limite de la précarité malgré sa carrière.
« Je suis un panier percé. J’ai tout donné, tout dépensé. Je meurs riche de cœur, mais pauvre en banque. »
Cette honnêteté désarmante le rend encore plus proche des gens.
Qu’est-ce qui l’a fait tenir quand le corps lâchait ? L’amour. Celui de sa femme Astrid, son roc depuis 30 ans (« mon héroïne »), et de sa fille Romane. C’est pour elles qu’il s’est relevé. Avec Romane, il est remonté sur les planches, à bout de souffle mais debout, pour jouer leur propre histoire. Il a prouvé que l’amour est le médicament le plus puissant.
Aujourd’hui, Richard est fatigué, mais il est là. Vivant. La preuve que l’on peut revenir de tout… tant qu’il reste une étincelle de vie dans le regard