Le camouflet infligé à Trump – Résultats des élections

Guilhem Mirande (PCF 47)

Une défaite de Trump n’est pas une défaite de l’empire

Hier, les électeurs américains ont infligé un camouflet à Donald Trump. Soyons honnêtes : cela fait plaisir. Voir reculer un pouvoir d’extrême droite, xénophobe et ultra libéral qui multiplie les rafles de migrants, les attaques contre les syndicats, les coupes dans les aides sociales et les provocations réactionnaires, c’est une bouffée d’air pour des millions de travailleurs, d’immigrés et de femmes qui subissent sa politique.

Mais Trump reste à la Maison-Blanche jusqu’en 2029. Un Congrès hostile peut le freiner, pas l’empêcher de poursuivre sa politique guerrière aux services des intérêts du capital.

Mais, se réjouir de sa défaite ne doit pas nous aveugler. Il ne faut pas se leurrer.
Démocrates, Républicains, les États Unis restent un pays profondément impérialiste et au service du capital.
Regardez Cuba. Depuis plus de soixante ans, les États-Unis étranglent une île de dix millions d’habitants pour avoir osé faire sa révolution.
Et les démocrates ? Le blocus de Cuba n’est pas l’invention de Trump : il est inscrit dans des lois votées par les deux partis, dont la loi Helms-Burton, signée par Bill Clinton en 1996. Sous Biden, l’embargo est resté debout, et chaque année, la quasi-totalité des États du monde le condamne à l’ONU pendant que Washington vote contre. Même logique ailleurs : sous Biden, les États-Unis ont livré des armes à Israël pendant que Gaza était rasée, poursuivi la guerre économique contre la Chine et alimenté la guerre en Ukraine sans jamais se soucier du prix payé par les peuples.

Les démocrates ne combattent pas le système qui a produit Trump : ils en sont l’autre moitié moins pires. Le piège est là : nous faire croire que le choix se résume à deux gestionnaires de l’empire, l’un brutal, l’autre souriant et un peu plus progressiste. Nous sommes loin d’une réelle rupture avec le système capitaliste.

Alors réjouissons-nous brièvement face au coup porté au leader de l’internationale néo fasciste et des ondes positives que cela peut créer dans le monde avec également la victoire de Lula, puis organisons-nous. Tout recul de l’extrême droite est un point d’appui dans le monde entier. Les urnes ont ouvert une brèche. Les victoires de candidats soutenus par la DSA dans les primaires de 2026 montrent que le socialisme peut gagner aux États-Unis. C’est aux travailleurs, aux syndicats, à la jeunesse, aux militants antiracistes et anti-impérialistes de s’y engouffrer, sans attendre que le Parti démocrate le fasse à leur place. Il ne le fera pas. À eux de le faire gagner sur le terrain social : pour la levée du blocus de Cuba, la fin des armes pour Israël, et des droits pour ceux qui travaillent.

Expression DSA :
« Le travail n’est pas terminé, cependant. Demain, nous continuons à organiser, à lutter et à gagner pour la classe ouvrière ! »