Qui veut la peau de Donald ?

Hier Donald Trump participait pour la première fois depuis 12 ans au dîner des correspondants de la Maison Blanche. Un évènement réunissant tout le gratin médiatique qui été interrompu après qu’un homme a tiré des coups de feu dans le hall d’entrée. Bang Bang. Et un phénomène a envahi internet : la suspicion mondialisée. Nombre de personnes ne croit pas en cette tentative d’assassinat. Entendons-nous bien chers lecteurs, j’analyse ce phénomène, je ne suis pas là pour vous juger ou pour vous livrer une vérité. Je ne suis pas dans le secret du Dieu Trump.
Depuis la fin du XXe siècle, la communication politique adopte les codes du cinéma : scénarisation des déplacements, fausses paparazzades de leur vie privée, story telling sur les réseaux sociaux, et plus récemment utilisation d’image IA à la gloire de leurs guerres. Pour exister politiquement, il faut être omniprésent. Donald Trump a repoussé les codes de la mise en scène du spectacle politique. Déclarations aussi spectaculaires qu’idiotes sur son réseau Truthsocial quitte à diffuser une vidéo raciste du couple Obama caricaturé en singes, surexposition médiatique où il deblatère pouvoir mettre fin à des guerres en 24h (dont des guerres qu’il a initiées et qui ne sont toujours pas terminées). Mensonges et menaces sur ses opposants politiques lors de meeting fastueux usant et abusant d’un discours eschatologique. Pas une heure sans que l’on ne parle de lui. Dans la politique spectacle le réel ne compte pas, nous sommes a l’ère de la post-vérité : l’indécence et le sensationnalisme sont la règle. Et l’une des conséquences de cette politique spectacle est : le doute permanent des populations.
Comme chaque matin faisant ma revue de presse (oui même un dimanche), et après avoir lu une dizaine d’articles de médias internationaux (France, UK, US, Espagne) sur l’assaillant ayant tiré des coups de feu à proximité de Trump, par curiosité j’ouvre la section « commentaires ». Et là, j’assiste à un phénomène incroyable, c’est mondial ! Et même sur les pages des médias de droite et d’extrême-droite tels que Fox news ou le Figaro. Neuf commentaires sur dix suggèrent que cette énième tentative de meurtre serait une mise en scène. Une mise en scène pour faire oublier l’affaire Epstein, les guerres qu’il a déclenchées, l’explosion des prix des carburants. Trump a tellement poussé la politique spectacle à son paroxysme, la mise en scène et le mensonge permanent, que même jusque dans son propre camp on remet en doute les tentatives d’assassinat qui l’ont visé.
Depuis déjà quelques mois, nombre d’anciens supporters de Trump – sa base MAGA (make america great again) – affirmaient que sa tentative d’assassinat au cours d’un meeting à Butler (Pennsylvanie) le 13 juillet 2024, aurait été mise en scène pour en tirer un bénéfice électoral. Un article sur TF1.info relate que fin 2025, l’ancien commentateur de Fox News Tucker Carlson a relayé l’idée selon laquelle : « le FBI était impliqué dans la dissimulation de la fusillade. » Invité du podcast de Tucker Carlson, Joe Kent, l’ex directeur du Centre national de lutte contre le terrorisme des États-Unis, qui a démissionné au mois de Mars 2026, a notamment évoqué le manque de transparence de l’administration Trump concernant l’auteur de la fusillade en Pennsylvanie. Quant à Marjorie Taylor Greene, figure du mouvement MAGA et ancienne fidèle de Donald Trump, elle fait planer le doute sur le déroulé officiel des événements. « Je demande notamment pourquoi Trump refuse de divulguer les informations concernant Matthew Crooks ». Mais aucun d’eux n’apportent des preuves concrètes à leurs allégations.
Et je me pose deux questions : pourquoi est-il si inenvisageable pour certains de penser que Trump puisse faire l’objet de tentatives de meurtre ? Il a militarisé son propre territoire, déporté massivement des immigrés légaux ou des migrants en s’affranchissant du cadre légal, il a mené des guerres contre la recherche, la culture, les droits des femmes et des minorités. Il a violé le Droit International et les droits humains. La ICE peut en toute impunité tuer des opposants politiques. Il a perdu le soutien d’une partie de ses électeurs après le scandale Epstein et la guerre en Iran. Selon l’agrégateur de sondages américain RealClearPolling, « près de six Américains sur 10 disent désapprouver la politique menée par leur président » (source : Le Figaro). Parmi ces américains déçus, il y a des MAGA repentis : des personnes de droite et d’extrême-droite qui défendent bec et ongle le second amendement de la Constitution des États-Unis d’Amérique qui « reconnaît la possibilité pour le peuple américain de constituer une milice pour contribuer à la sécurité d’un État libre, et il garantit en conséquence à tout citoyen américain le droit de détenir des armes ».
Trump est en guerre contre le monde et peut-être que le monde est en train d’entrer en guerre contre Trump. Alors la vraie question n’est pas de savoir si ces tentatives d’assassinat sont des mises en scène. La realité est beaucoup plus cynique. Étant donné son nombre d’ennemis grandissant, demandons nous plutôt : qui aura la peau de Donald ?