Voitures électriques : la dégringolade…

Voitures électriques : la dégringolade à la revente atteint des niveaux inédits en Europe.
Une voiture électrique de trois ans qui ne vaut plus que 38 % de son prix neuf, des valeurs résiduelles qui chutent 2 fois plus vite que la moyenne du marché est-ce cela faire des économies ?
Depuis 2 ans, les constructeurs chinois grignotent des parts de marché en Europe à coups de tarifs serrés et d’équipements généreux, une réponse faite à l’initiative de Musk pour encourager les ventes de 2023 par une surproduction.
Pourtant, une réalité moins flatteuse émerge des données de revente.
Selon un organisme de référence pour la cotation automobile, les valeurs résiduelles des VE et hybrides rechargeables ont reculé du double par rapport au déclin global du marché.
Ce sont les marques Chinoises qui en subissent le plus cet effet même si elles sont encore moins représentatives sur le marché de l’occasion, d’après une enquête, plusieurs marques chinoises vont quitter le marché européen d’ici moins de 5 ans.
Les loueurs sont les premiers à en subir les conséquences et la voiture électrique est à 85% en leasing.
Un problème fondamentalement lié à la confiance du véhicule, certaines sociétés de leasing exigent désormais des compensations avant même d’intégrer des modèles à leur flotte. On garde tous l’exemple de Hertz et Sixt dans nos mémoires.
Les loueurs ont déjà été contraints de relever les tarifs à cause des valeurs résiduelles plus faibles que prévu
La pression touche l’ensemble du segment électrique.
Les valeurs résiduelles des VE en Europe ont atteint un pic en octobre 2022 avant d’entamer une glissade continue, accélérée par les baisses de prix successives de Tesla.
Sur le marché Européen un VE de 3 ans, toutes marques confondues, ne conserve en moyenne que 38 % de sa valeur d’origine, contre 55 % pour un modèle thermique et 60 % pour un hybride.
Sur les principaux marchés Européens comme  en Allemagne, en France et en Espagne, un VE ne conserve en moyenne que 26 % de sa valeur d’origine et le rythme effréné de renouvellement des gammes aggrave le mécanisme.
A cela s’ajoute la dépendance de ces constructeurs aux flottes de location et aux auto-immatriculations ( ventes fictives pour maintenir les quotas européens ), qui alimente le marché de l’occasion en véhicules neufs à historique d’entretien souvent maigre vendu jusqu’à -40% du prix neuf.
Pour les acheteurs, le calcul mérite d’intégrer ces données. Le coût total de possession sur trois ou quatre ans dépend autant de la décote que du prix affiché en concession pour connaitre les économies réalisées.
🧐 Derrière la hausse médiatique des ventes de voitures électriques neuves en 2026, le marché européen cale. Le discours dominant des sirènes autour de la voiture électrique insiste sur la baisse
des coûts d’usage :
entretien limité ( faux problème )
énergie meilleur marché ( à domicile)
fiscalité favorable (du moins pour les flo ttes)
Une situation déjà maintes fois mise en perspective par quelques éditorialistes honnêtes et qui ne peut plus être dissimulé est l’effondrement de la valeur résiduelle des voitures à batteries.
En moyenne, un véhicule électrique s’achète 30% de plus qu’une thermique et perd plus de 60% de sa valeur en 3 ans contre 45% pour la thermique.
C’est évidemment énorme et cette différence annule largement les supposées économies réalisées à l’usage avec les recharges
au domicile ou au travail.
C’est le même raisonnement que celui de certaines personnes qui s’imaginent bénéficier d’électricité gratuite grâce à leurs panneaux solaires, sans tenir compte du coût d’achat du matériel ni de celui de l’installation, pas plus que de la borne de recharge à domicile. Il en résulte certes un coût à l’usage particulièrement faible, mais hors abonnement et accises, bien entendu.
Comme on le sait, le marché du neuf est largement porté par des aides financières et les professionnels qui sont soutenus par des incitants fiscaux et des cadres réglementaires favorables,
à l’opposé, le marché de l’occasion repose à plus de 80% sur des acheteurs particuliers qui ne disposent ni d’avantages fiscaux ni d’accès systématique à la recharge à domicile et ils se retrouvent face à une offre composée de véhicules ex-leasing et actuellement la demande ne suit pas c’est 4% des ventes d’occasions.
L’association des constructeurs européens met en évidence un phénomène classique en économie, mais rarement aussi visible : l’effet ciseau qui apparaît lorsque deux dynamiques opposées évoluent simultanément et finissent par se heurter.
via Philippe Le Gendre.