Quand une vitrine est cassée lors d’une manifestation sociale, on a droit pendant des jours à des discours sur la “violence de la gauche”, l’ordre public et le respect de la démocratie.
Par contre, quand des maisons sont attaquées, que des familles sont terrorisées chez elles, que des voitures sont incendiées et que des quartiers entiers vivent dans la peur à Belfast après une manifestation anti-immigration, le silence est souvent bien plus discret.
Pourtant, la violence d’extrême droite existe. Elle est réelle. Elle est présente dans de nombreux pays. Elle se nourrit de la peur, de la désignation de boucs émissaires et de la haine de l’autre. Les événements récents à Belfast nous rappellent que lorsque les discours de rejet se banalisent, certains passent ensuite à l’acte.
Être antifasciste ne devrait même pas être une question de gauche ou de droite. C’est la base de toute démocratie digne de ce nom. On peut être conservateur, libéral, socialiste, écologiste ou sans étiquette politique et refuser le fascisme, le racisme et les violences contre des personnes en raison de leurs origines.
L’heure est grave parce que partout, dans nos rues, sur les réseaux sociaux et dans plusieurs pays européens, les tensions montent. Et face à cela, il faut avoir le courage d’être cohérent : condamner toutes les violences, peu importe qui les commet.
Parce qu’au final, lorsqu’une maison brûle, lorsqu’une famille doit fuir son domicile ou lorsqu’un voisin est pris pour cible à cause de ses origines, il n’y a ni gauche ni droite. Il y a simplement des êtres humains qui souffrent et une démocratie qui recule.
Le fascisme n’a jamais apporté plus de liberté, plus de justice ou plus de sécurité. Il a toujours commencé par désigner des coupables avant de s’attaquer aux libertés de tous. C’est pour cela que rester antifasciste n’est pas une opinion parmi d’autres : c’est défendre les fondements mêmes d’une société libre et humaine.