Jean Mau compte-rendu du procès en appel de Merlin

Salut à tous.

Ce 23 juin 2026 nous étions 23 à avoir réussi à nous rendre aux côtés de Merlin, malgré d’impossibles conditions climatiques, aux dire de «Qui aurait pu prédire». Nous voulions tous comprendre ce que l’n reprochait réellement à Merlin et pourquoi il faisait appel. Surtout après la lecture d’un papier entièrement à charge dans La Marseillaise, dont à titre personnel j’essaie pourtant, sur Forcalquier, d’ffrir la lecture aux amis et de stimuler les ventes à La Presse chez Jean-Claude. En espérant de ce quotidien un autre son de cloche que la propagande macroniste de La Provence, propriété de la famille du milliardaire Rodolphe Saadé (CGA-CGM).

La cour d’appel est la juridiction du second degré. Elle juge les appels formés contre les jugements de première instance. Elle réexamine donc des affaires jugées une première fois par une juridiction de premier degré comme le tribunal judiciaire, le tribunal de commerce ou le conseil de prud’hommes.

En pratique, lorsqu’un justiciable n’est pas d’accord avec la décision rendue, il peut faire appel. Son contentieux est alors jugé une deuxième fois devant une cour d’appel. Celle-ci réexamine les éléments factuels de l’affaire et vérifie qu’il n’y a pas eu d’erreurs dans l’appréciation de la règle de droit. Elle peut confirmer la première décision ou l’infirmer totalement ou partiellement, c’est-à-dire l’annuler ou la modifier. Dans ce cas, elle rend une nouvelle décision qui remplace l’ancienne.

On n’a pas été déçus. Le déroulement des faits au regard des quels Merlin a été condamné en 1ère instance a été disséqué de manière assez chronologique et clinique par la Présidente. Elle a présenté tous les points de vue (au sens physique, sensoriels du terme). Seul regret, elle n’a pas jugé utile l’écoute d’un document sonore inédit couvrant l’enregistrement de toute la durée de l’échauffourée qui était au cœur des débats du jour et que Merlin souhaitait faire entendre à la Cour. Le Procureur s’est un peu mélangé les pinceaux, en expliquant qu’avec une loi d’antan Merlin avait agi en état de légitime défense, mais qu’il lui semblait, qu’avec la loi actuelle, ce n’était peut-être plus tout à fait le cas. Difficile de le suivre. Il a, en tout cas si j’ai tout bien compris, demandé une peine moindre.

La Présidente a donné lecture des condamnations prononcées contre Merlin depuis 2020 si j’ai  bonne mémoire. Un paquet de vols, des prunes au moment du Covid, quelques outrages à agents … Dont Merlin n’a pas contesté la réalité. L’avocat de Merlin a, me semble-t-il, ensuite parfaitement illustré les dérives d’une instruction confiée à des gendarmes qui ne brillent parleur perspicacité – L’un d’entre eux, au moins, a vraiment Merlin dans le nez pour d’obscures raisons mais depuis des années. Il avait alors tapissé les murs de son burlingue d’images de Merlin. Une fixette, de notoriété publique : on a les drogues qu’n peut et je me garderai bien de la moindre analyse psychologique mais je n’en pense pas moins. Bref, cet avocat a su contextualiser les faits, en affiner la chronologie pour en détailler les trop nombreuses incohérences à travers les déclarations des uns et des autres, gendarmes compris. La Présidente a ensuite demandé à Merlin s’il avait quelque chose à ajouter. Ce qu’il a fait en précisant que tous les vols pour lesquels il avait été condamnés ne concernaient que de la nourriture en voie de péremption enlevée des arrière cours de la Grande Distribution avant qu’elle ne soit détruite (par javellisation – note de la rédaction) pour être gratuitement distribuée à qui en avait besoin, sur la ZDAC de Forcalquier. Merlin a ensuite précisé qu’après avoir été violemment touché au nez, et par surprise, d’un «coup de tête» par son agresseur (qui a été condamné pour cela)

Il avait commmencé par le tenir à distance par 3 gestes professionnels de boxe. Puisque voyant arriver un second «coup de boule» il avait eu, en légitime défense, le réflexe de frapper son agresseur au visage. Puis Merlin s’est occupé de son propre saignement de nez se détournant de son agresseur. Il n’a pu suivre ce qui s’est passé ensuite et estime n’avoir pas à porter la responsabilité de coups qu’il n’a pas donné. Enfin, je n’ai qu’un regret, c’est que Merlin n’ait pas évoqué les mesures d’éloignement du département prises à l’encontre de 3 personnes, dont il fait partie. Elle pèsent lourdement depuis des années sur Ludo, Alex et Merlin, leurs familles et leurs proches. Aujourd’hui probablement sans objet elles se sont transformées en des peines disproportionnées et parfaitement injustes pour celles et ceux qui leurs sont chers. Le délibéré devrait être rendu ce 2 septembre 2026, avant un automne social qui s’annonce chaud bouillant avec une Justice assaillie d’injonctions contradictoires et financièrement aux abois, des prisons en surpopulation dramatique par temps  de canicule, et des forces de l’ordre dont on sait qu’elles sont lourdement handicapées côté formation, trop souvent recrutées avec des notes minables et qu’assez logiquement donc, elles votent à 67 % pour les extrêmes droites. Primes et avantages compris, elles débutent à plus de 3000 €/mois, et du moins pour les gendarmes ont 9 semaines de congés payés par an, prennent leur retraite à 59 ans et bénéficient d’une remise de 75% sur le ferroviaire.

Salut à tous, courage

Pour les semaines à venir, surtout si vous êtes déjà dans la survie et prenez soin des vôtres.

Fait de mémoire et avec les moyens du bord, de retour à Forcalquier.

Jean Maurice – 22 h30 ce 23 juin 2026 .