Donald Trump ouvre les festivités du 250ᵉ anniversaire des Etats-Unis au mont Rushmore en décrivant une identité américaine attaquée
Le choix du mont Rushmore ne doit rien au hasard. Donald Trump a lancé, vendredi 3 juillet, les célébrations du 250ᵉ anniversaire des Etats-Unis, de ce monument du Dakota du Sud, où sont sculptés les visages de George Washington, de Thomas Jefferson, d’Abraham Lincoln et de Theodore Roosevelt. A la veille du 4 juillet, jour de la fête nationale, le président américain s’exprimait dans une mise en scène qui reflète sa volonté d’inscrire son mandat dans le récit national.
Au moment de prendre la parole, il a affirmé que l’identité américaine subissait sur son sol ce qu’il a décrit comme une « nouvelle offensive » venant de « radicaux et d’extrémistes ». « A l’approche de ce magnifique anniversaire, nous voyons. (…) une résurgence de la menace communiste sur notre sol », a déclaré le républicain.
Peu avant l’atterrissage d’Air Force One, la Maison Blanche avait déclaré que Donald Trump prononcerait « un discours inspirant et optimiste au mont Rushmore, où il répondra à l’éternelle question : “Qu’est-ce que cela signifie être Américain ?” ». Elle promettait aussi une « sévère condamnation du communisme » et la défense des « idées qui font que l’Amérique est le plus grand pays du monde ».
Chaleur accablante
A Washington, et plus largement sur la côte est des Etats-Unis, ce 250e anniversaire devrait se dérouler sous une chaleur étouffante. Environ 40 °C sont annoncés samedi, dans la capitale. « Il va faire environ 107 °F [41 °C] et je vais faire un discours vraiment long – juste pour montrer que je peux tout faire », a annoncé Donald Trump, mercredi.
A un moment supposé d’unité nationale, l’Amérique apparaît profondément divisée. La cote de popularité du républicain atteint ses plus bas niveaux, plombée par la guerre en Iran et le coût de la vie. Quant à l’opposition, elle s’insurge contre sa vaste offensive anti-immigration et de ses tentatives d’élargir les pouvoirs présidentiels.
Dans un podcast d’Usha Vance, la femme du vice-président, J. D. Vance, publié vendredi, Donald Trump a confié : « Nous avons un pays formidable, mais qui se trouve un peu sur une ligne de crête. La situation peut basculer d’un côté ou de l’autre. » « Nous allons choisir la bonne direction et rendre l’Amérique plus grande que jamais », a-t-il ajouté.
Les températures très élevées ont perturbé d’autres rendez-vous. La parade de la Fête de l’indépendance américaine, prévue dans la capitale fédérale samedi matin, a été annulée, en raison de la canicule. A Philadelphie (Pennsylvanie), le défilé « Salute to Independence » n’a finalement pas eu lieu vendredi, selon l’agence Associated Press.
Des célébrations marquées par la division politique
« Le 4 juillet est un vrai moment de liberté, mais pour être honnête, dans ce climat politique, pour moi, ce n’est pas aussi enthousiasmant que ça, ces dernières années », reconnaît Amy Kimaara, une enseignante de 49 ans rencontrée par l’Agence France-Presse à Los Angeles, en Californie.
Au moment où le pays se souvient de ses deux siècles et demi d’histoire, de triomphes et de drames, d’esclavage et de liberté, de guerre civile et de conflits mondiaux, un sondage de l’université Quinnipiac (Connecticut) a montré, jeudi, que 61 % des Américains estimaient que les Etats-Unis n’étaient pas à la hauteur des idéaux énoncés dans la Déclaration d’indépendance de 1776.
Les républicains craignent que l’impopularité du président leur coûte le contrôle du Congrès, ce qui pourrait exposer Donald Trump à une troisième procédure de destitution, un record.
« Independence Day » reste néanmoins une célébration pour d’autres. « Ça a été politisé, mais ça ne change pas le fait que le 4 juillet est une grande fête pour nous tous », retient Matt Jarvis, 55 ans, un entrepreneur interrogé à Los Angeles.