đ‹đžđ­đ­đ«đž đšđźđŻđžđ«đ­đž đšÌ€ 𝐌𝐚𝐝𝐚𝐩𝐞 đ˜đšđžÌˆđ„ đđ«đšđźđ§-𝐏𝐱𝐯𝐞𝐭

The President of the National Assembly Yael Braun-Pivet chairs a session of questions to the government at the National Assembly, French Parliament lower house, in Paris on October 10, 2023. (Photo by Miguel MEDINA / AFP)
TOMBÉ DU CIEL ‌.
đ‹đžđ­đ­đ«đž đšđźđŻđžđ«đ­đž đšÌ€ 𝐌𝐚𝐝𝐚𝐩𝐞 đ˜đšđžÌˆđ„ đđ«đšđźđ§-𝐏𝐱𝐯𝐞𝐭, đđ«đžÌđŹđąđđžđ§đ­đž 𝐝𝐞 đ„â€™đ€đŹđŹđžđŠđ›đ„đžÌđž đ§đšđ­đąđšđ§đšđ„đž
Madame la Présidente,
Permettez moi d’abord de vous tirer mon chapeau.
Il fallait un certain culot — disons mĂȘme un aplomb pharaonique — pour oser dĂ©clarer que vous ne vivez pas « au crochet de l’État ».
Pharaonique, oui, le mot n’est pas choisi au hasard : quand vous entrez Ă  l’AssemblĂ©e nationale, c’est toute une cĂ©rĂ©monie digne d’un souverain d’Égypte qui se met en branle.
Les huissiers s’inclinent, les micros s’ouvrent, la salle se lĂšve, et il ne manque plus que les porteurs d’encens et la musique de RamsĂšs pour complĂ©ter le tableau.
Et pourtant, dans ce faste républicain que vous semblez trouver tout naturel, ce sont bien les Français qui paient la facture.
Ceux qui, eux, vivent avec 1 500 euros par mois et comptent les centimes au supermarché pendant que vous percevez :
– 7 637 euros d’indemnitĂ© de base,
– 7 699 euros d’indemnitĂ© de fonction,
– 5 960 euros pour vos frais,
– 11 118 euros pour vos assistants,
– et 325 euros pour la garde d’enfant.
Au total : 37 278 euros par mois de moyens publics mobilisables.
Sans oublier la mutuelle, le train, l’avion, tout gratuit, Ă©videmment.
Mais non, rassurez vous, vous ne vivez pas au crochet de l’État — vous ne faites que banqueter dans ses tentacules.
Et puis il y a votre fameuse phrase sur l’hĂ©ritage qui “tomberait du ciel”.
Ah, que c’est beau, cette poĂ©sie de salon !
Les Français qui ont passĂ© quarante ans Ă  rembourser leur maison, Ă  Ă©conomiser sou par sou, Ă  payer des impĂŽts jusqu’au dernier jour, apprĂ©cieront la mĂ©taphore.
Pour eux, rien ne tombe du ciel, madame — sauf parfois la pluie, quand le toit fuit et qu’il n’y a plus assez pour le rĂ©parer.
Vous vivez dans un monde oĂč les privilĂšges se justifient tout seuls, oĂč la politique devient mĂ©tier, et oĂč le travail des autres n’est qu’un concept abstrait.
Mais croyez le bien : dans le pays rĂ©el, les Français voient, comprennent et n’oublient pas.
Non, Madame Braun-Pivet, vous ne vivez pas « au crochet de l’État ».
Vous rĂ©gnez sur lui — avec tout le cĂ©rĂ©monial, les dorures et le dĂ©tachement qui vont avec.
Avec mes salutations respectueusement désabusées,
Un Français qui n’a jamais eu de tapis rouge, mais qui sait ce qu’est le mĂ©rite.

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