Le syndicat de la magistrature appelle à cesser « de réprimer la jeunesse pour la faire taire »
Le syndicat s’insurge contre la « réponse brutale » apportée à « la colère légitime des lycéens » : « gazages, interpellations brutales et armes sublétales mutilantes ». Les magistrats reprochent à Gérald Darmanin de ne pas chercher de « stratégie de désescalade ».
« Cessons de réprimer la jeunesse pour la faire taire », appelle vendredi 2 octobre le syndicat de la magistrature (SM) dans un communiqué que franceinfo a pu consulter, alors que les manifestations se poursuivent dans les lycées et les universités, avec de nombreuses tensions partout en France, entre jeunes et forces de l’ordre. Le syndicat appelle à mettre un terme à la « brutalisation du mouvement social des lycéen·nes ».
« Face à la colère légitime des lycéen·nes, le gouvernement a fait le choix d’une réponse brutale », dénonce le syndicat qui décrit une stratégie de maintien de l’ordre « pas adaptée à la particulière vulnérabilité de ce mouvement composé essentiellement d’enfants, dont la protection ne peut être à géométrie variable ». Le syndicat de la magistrature fustige le « gazage des élèves, interpellations brutales, utilisation d’armes sublétales mutilantes – LBD, grenades explosives » et rappelle que 119 élèves ont été blessés, selon un dernier bilan réalisé jeudi, et que l’IGPN, la police des polices, a déjà été saisie plusieurs fois. « Aucune stratégie d’apaisement et de désescalade n’est avancée par le ministre de l’Intérieur », estime le syndicat.
Le « tout-répressif » au lieu de « réponses éducatives »
Dans son communiqué, le syndicat de la magistrature dénonce également la doctrine du ministère de la Justice dans le traitement des affaires liées à ce mouvement qui « enjoint les parquets à faire primer le tout-répressif ». Le garde des Sceaux Gérald Darmanin a demandé aux procureurs d’engager la responsabilité civile des parents en cas de dégâts provoqués par leurs enfants lors du mouvement de blocage des lycées, afin de leur faire « payer les réparations ».
Depuis le début du mouvement, environ 2 000 personnes ont été placées en garde à vue « dont 90% de mineurs », a détaillé le ministre de la Justice. « Il n’est à aucun moment envisagé, comme l’imposent la Constitution, les traités internationaux et la loi, de privilégier des réponses éducatives face aux infractions constatées », regrette le syndicat qui pointe du doigt la « silenciation de la jeunesse ».
L’article ici :