BLOCAGE DU CONSERVATOIRE NATIONAL SUPERIEUR DE MUSIQUE ET DE DANSE DE PARIS
Communiqué :
Nous, étudiant•es du Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Paris, sommes entré•es en lutte après l’appel lancé par les lycéen•nes.
Après 231 ans d’existence, le CNSMDP prend sa part dans la révolte générale, et affirme son soutien aux revendications des lycéen•nes et contre la répression abjecte et scandaleuse dont iels sont les victimes.
Ce qu’iels subissent est absolument honteux de la part d’un gouvernement qui est le véritable casseur. Il ne casse pas une poubelle ou une devanture, il casse une jeunesse entière réclamant un avenir.
Aujourd’hui, notre lutte s’établit en trois objectifs :
– Premièrement, servir de caisse de résonance au mouvement lycéen, lui donner de la force, ne pas
permettre aux stratégies du gouvernement d’essouffler le mouvement. Leur colère est légitime et nous
voulons leur témoigner de l’admiration et du soutien.
Nous soutenons leurs revendications qui sont un
minimum : la rénovation de leurs bâtiments délabrés, plus de personnel enseignant, de meilleurs salaires pour les professeur•es, l’abrogation de Parcoursup…
Aussi, nous dénonçons la répression policière à laquelle ils font face, qui est d’une violence inouïe et d’une irresponsabilité rance, d’autant plus face à des mineur•es.
– Deuxièmement, porter les revendications des étudiant•es et des travailleur•euses du Conservatoire, qui s’inscrivent dans la continuité des revendications lycéennes et résultent d’un même système austéritaire. Un premier état des lieux cible la précarité étudiante, l’amiante présente dans des salles de travail de notre bâtiment, l’état du bâtiment, la grève des pianistes accompagnateur•ices à qui on refuse les mêmes droits que leurs collègues professeur•es, les suppressions de postes, la récupération par PSL de l’institution, le droit au repas à 1 € pour toustes les étudiant•es du Conservatoire…
– Dernièrement, modifier durablement la trajectoire que prend le monde de la culture. Nous avons pour vœu de transformer nos mentalités individualistes en mentalités collectives, de nous ouvrir à la société de manière permanente, d’assainir le milieu rongé par les abus de pouvoir et les violences de classe, patriarcales et racistes.
Nous affirmons notre volonté de voir le gouvernement démissionner, ce même gouvernement qui préfère donner aux armées qu’aux services d’éducation, de santé et de culture. Les baisses de budget dans la Culture, qui affectent les actuel•les ou futur•es
travailleur•euses que nous sommes, sont dramatiques et doivent cesser.
Nous appelons à faire grandir cette mobilisation jusqu’au 17 octobre et au-delà, afin qu’elle ne cesse de s’étendre, de se renforcer et de rassembler toutes celles et ceux qui luttent pour un avenir commun.
Il nous appartient de faire vivre cette convergence dans la durée et de ne pas laisser retomber le mouvement.
Cette mobilisation est l’occasion de construire d’autres rapports entre nous, avec les lycéen•nes, les travailleur•euses et l’ensemble de la société.
Nous voulons une culture qui ne soit pas un privilège,
mais un bien commun ; des arts qui ne soient pas déconnectés du monde, mais qui participent à
le transformer.
Nos arts se doivent d’être solidaires et politiques