Ce matin, le Barreau de Seine-Saint-Denis a visité le dépôt de Bobigny. Il y a trouvé des mineurs sans matelas, grelottant sous des couvertures de survie, sur des banquettes trop courtes pour s’allonger. Les cellules étaient sales, des bouteilles d’urine y avaient été laissées, et des jeunes filles manquaient de protections périodiques. La veille, il y avait 10 matelas pour 86 détenus.
J’ai écrit au Préfet pour exiger la remise en liberté des jeunes interpellés, un examen individualisé de chaque situation et des vérifications sur toutes les allégations de violences.
Bally Bagayoko maire de Saint Denis
France Info :
« C’est un dépôt abominable ! » : avocats et familles alertent sur le sort des mineurs détenus au tribunal judiciaire de Bobigny
Devant le tribunal judiciaire de Bobigny en Seine-Saint-Denis, avocats, enseignants et parents d’élèves se sont rassemblés ce mercredi pour dénoncer avec indignation les conditions de détention des mineurs interpellés à la suite des événements du 17 octobre.
« C’est vraiment horrible ! Là, je viens de voir ma fille. On l’a menottée, mise face au mur. Je n’arrive pas du tout à comprendre, mais même les criminels ne peuvent pas faire des choses comme ça ».
Les traits tirés, cette mère de famille de Saint-Denis explique devant le tribunal judiciaire de Bobigny que sa fille de 16 ans a été déférée hier soir après 48 heures de garde au dépôt du tribunal. Détenue dans une cellule au sous-sol de l’institution judiciaire, dans l’attente d’être jugée.
« Elle a été interpellée dimanche dans la rue, c’est une enfant sans histoire. C’est la première fois qu’elle se retrouve dans un tribunal. Au téléphone, les policiers m’ont dit qu’ils l’auraient trouvée en train de casser des trucs, et après, un autre policier m’a appelé pour me dire autre chose. Il y avait plusieurs versions différentes et ils me parlaient très très mal au téléphone. »
Selon le syndicat des avocats de France, qui assiste et soutient le mouvement des lycéens,« 17 mineurs de 14 à 17 ans ont passé la nuit dernière » dans les cellules du dépôt de Bobigny. Avec la garde à vue prolongée à 48 h, cela fait « 56 heures de détention », calcule Prisca Ancion, avocate au barreau de Seine-Saint-Denis du collectif action judiciaire (CAJ).« Le parquet avait pris un engagement de ne pas placer de mineur la nuit au dépôt sauf circonstances exceptionnelles », souligne-t-elle.
Ce mercredi matin, quatre avocates et avocats désignés par la bâtonnière de Seine-Saint-Denis ont visité « entre 6 h 20 et 7 h 35 » des cellules pour « observer les conditions de détention des mineurs dans le contexte particulier du mouvement lycéen depuis septembre 2026 ».
« Aucun mineur n’a eu de matelas. Les banquettes sont inadaptées à la taille de certains mineurs. Les couvertures de survie constituent fréquemment le seul équipement de repos. Pourtant, des cellules collectives sont vides », constatent ces avocats dans un rapport mis en ligne et que nous avons consulté.
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Concernant la propreté, « des déchets sont présents dans plusieurs cellules avant l’arrivée des mineurs. Des bouteilles contenant de l’urine sont présentes dans plusieurs cellules. Dans deux cellules occupées par les mineures filles, la délégation a constaté la présence de combinaisons de protection jetables distribuées à des personnes qui présentent un risque sanitaire pour les autres », relatent-ils.