Mélenchon engrange de nouveaux soutiens dans le PCF

Présidentielle 2027 : Jean-Luc Mélenchon engrange de nouveaux soutiens (et ça risque de déplaire à Fabien Roussel)

La majorité du groupe communiste à l’Assemblée, dont son président Stéphane Peu, annonce se rallier à la candidature de Jean-Luc Mélenchon.

Jean-Luc Mélenchon à la manifestation contre la vie chère à Paris ce 5 novembre.
TOM NICHOLSON / Getty Images via AFP
Jean-Luc Mélenchon à la manifestation contre la vie chère à Paris ce 5 novembre.

Coup dur pour Fabien Roussel. Le candidat PCF à l’élection présidentielle est lâché par son groupe à l’Assemblée nationale qui annonce ce jeudi 5 novembre se rallier majoritairement à Jean-Luc Mélenchon. Sur les dix-sept députés, neuf annoncent soutenir le candidat de La France insoumise. Parmi eux Stéphane Peu, le président du groupe, mais également Elsa Faucillon, Soumya Bourouaha, Nicolas Sansu, Karine Lebon, Émeline K/Bidi, Emmanuel Tjibaou, Frédéric Maillot et Marcellin Nadeau.

« À l’approche d’une élection présidentielle aux enjeux immenses, nous prenons nos responsabilités, par-delà nos attaches partisanes. C’est donc fort logiquement que nous nous engageons à soutenir la candidature de Jean-Luc Mélenchon », écrivent-ils dans une lettre consultée par l’AFP. Une décision que les auteurs motivent par le risque de victoire de Marine Le Pen, créditée de près de 35 % d’intentions de vote, et la nécessité selon eux de se regrouper autour du candidat de gauche le mieux placé.

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Ces députés prennent toutefois soin de préciser : « Aucun d’entre nous n’est Insoumis, ni n’envisage de le devenir. Nous avons une histoire et une culture politique différentes et nous entendons rester nous-mêmes ». Ce n’est pas vraiment une surprise tant plusieurs d’entre eux ont multiplié ces dernières semaines les clins d’œil en direction de La France insoumise. Stéphane Peu avait même assisté au meeting de lancement de la candidature de Jean-Luc Mélenchon à Saint-Denis en juin.

Il « assume » sa décision et explique à l’AFP : « Je l’assimile à un acte de désobéissance civile. C’est une objection de conscience ». Stéphane Peu exclut totalement l’idée de soutenir Raphaël Glucksmann, qu’il assimile à une « continuité de la gauche d’accompagnement du libéralisme ». « Avec LFI, nous avons beaucoup plus de convergences que de divergences. Pour faire gagner une gauche de rupture, nous avons besoin de nous rassembler et de construire une campagne ouverte, déterminée et plurielle », ajoute Elsa Faucillon.

Dans l’entourage de Jean-Luc Mélenchon, on se réjouit forcément de ces soutiens. Le coordinateur de La France insoumise Manuel Bompard salue « une décision courageuse » et « une annonce d’une très grande importance pour renforcer encore l’union autour de la candidature de Jean-Luc Mélenchon ». Il promet de mener un « travail commun, dans le respect de nos identités respectives ».

Pas d’exclusion à prévoir

Chez Fabien Roussel en revanche, on ne commente pas, pour le moment, une décision qui relève de « choix personnels » et à laquelle on s’attendait. Il y a quelques jours, l’un de ses très proches confiait au HuffPost que certains de ces députés, élus dans des circonscriptions de la région parisienne, étaient dans une optique de « sauver les meubles » aux prochaines législatives. Stéphane Peu est par exemple élu à Saint-Denis, où La France insoumise réalise de très hauts scores. S’il veut être réélu, il aurait ainsi tout intérêt à se mettre Jean-Luc Mélenchon dans la poche. Même chose pour Elsa Faucillon, élue pour sa part dans les Hauts-de-Seine.

Ces ralliements sont évidemment une mauvaise nouvelle pour le candidat PCF, dont la campagne ne parvient pas à décoller, scotchée à 2 % d’intentions de vote. Pour autant, Fabien Roussel ne devrait pas prononcer d’exclusions. D’abord parce que cela remettrait en cause l’existence d’un groupe à l’Assemblée. Ensuite parce qu’il ne veut pas prendre le risque d’apparaître comme « dictatorial », nous explique l’un de ses proches : « Il y a un vrai traumatisme chez nous de gestion verticale et autoritaire. On est gênés d’exclure des gens ». Référence à une époque où le PCF prononçait des purges à tour de bras.

Si en 2022, Fabien Roussel avait fait le choix de présenter une candidature autonome, cela s’était traduit par un échec dans les urnes, avec un très faible score de 2,28 %. L’ex-député du Nord avait alors été accusé d’empêcher Jean-Luc Mélenchon (21,95 %) d’accéder au second tour. À l’inverse, en 2012 et en 2017, le PCF avait soutenu la candidature du tribun.