Le policier qui a bousculé Geneviève Legay lui a présenté ses regrets

LR; Ce personnage n’ a reconnu son implication, qu’après que le croisement des photos de la scène, avec toutes les vidéos ne démontre de façon certaine sa responsabilité dans cet acte d’autant plus violent qu’il était inutile. Un reconnaissance avec des excuses mais bien tardive. Reste la question de savoir à quel type d’homme on appartient pour projeter  à terre une femme âgée qui l’apostrophait de façon pacifique juste avant. Quel est le sens d’obéir à un ordre de charge face à un groupe de manifestants, plutôt âgés,totalement pacifique. Obéir à un ordre imbécile n’est pas un excuse, cela met en cause le donneur d’ordre. De quels forfaits seront-ils- capables en cas de dégénérescence de la politique répressive en cours ? Christopher R. Browning dans “les hommes ordinaires” décrit l’évolution épouvantable de policiers réservistes de Hambourg, mobilisés dans des commandos de chasse des juifs, les Einsatzgruppen, derrière les troupes, avec l’exécution des crimes de masse, toujours plus épouvantables. C’étaient des “hommes” ordinaires comme nos policiers. Des des milliers de photos et de reportage sur les violences policières illégitimes circulent partout…

L’avocat du policier a l’origine des graves blessures de la sexagénaire a transmis un communiqué dans lequel le fonctionnaire estime toutefois n’avoir pas fauté.

VALERY HACHE VIA GETTY IMAGES
Des policiers face à une manifestation de soutien à Geneviève Legay, à Nice. 

GILETS JAUNES – Il exprime des regrets, mais n’estime pas avoir commis de faute. Samedi 30 mars au soir, Nice Matin a publié un communiqué dans lequel le policier à l’origine de la chute et des blessures de Geneviève Legay, la militante d’Attac grièvement blessée lors d’une charge de police survenue durant l’acte XIX de la mobilisation des gilets jaunes, revient sur l’événement pour la première fois.

Le texte a été transmis au quotidien niçois par l’avocat du fonctionnaire de police, maître Adrien Verrier. Et d’emblée, dans le communiqué, l’homme a une pensée pour celle dont la photographie a fait le tour du monde.

“Mon client tient tout d’abord à exprimer ses plus sincères regrets quant aux conséquences de l’intervention des services de police causées sur la personne de Madame Geneviève Legay et aux blessures qu’elle a subies à cette occasion”, commence donc le texte.

“Aucune infraction pénale”, selon le policier

Mais rapidement, le policier explique qu’il considère avoir agi comme le demandait la situation, sans utiliser d’arme, en respectant les protocoles mis en place dans le cadre d’une charge policière. “Il tient cependant à rappeler qu’il n’a agi que dans le strict respect des ordres donnés par sa hiérarchie lesquels s’inscrivaient dans le cadre d’un rassemblement illégal, après trois sommations faites aux manifestants d’avoir à se disperser, qui leur ont clairement été exprimées et auxquelles ils n’ont pas déférés.”

Dans la suite du document, l’avocat relate la manière dont se sont déroulés les jours qui ont suivi l’événement. Dès le lundi, le policier aurait reconnu face à la justice avoir poussé un individu, dont il pensait alors que c’était un homme. Puis face aux images de vidéosurveillance, il s’est reconnu et a réalisé qui était la femme, donc, qu’il avait poussée, Geneviève Legay.

″À aucun moment il n’a entendu dissimuler ses actes ni l’identité de la personne dont il a été en contact (…) Il n’a donc agi que dans le strict respect des ordres qu’il a reçus et, encore une fois très affecté par les blessures causées à Madame Legay, il n’a pas excédé les attributions qui lui ont été confiées.” Le communiqué s’achève avec maître Adrien Verrier qui explique que son client est à la disposition de la justice pour toute information complémentaire, pour évoquer des faits dans le cade desquels “il n’a commis aucune infraction pénale”.


Manifestante blessée à Nice : Geneviève Legay est toujours «dans le noir total»

N.B. avec AFP 30 mars 2019
Des Gilets jaunes sont venus prendre des nouvelles de Geneviève Legay ce samedi à l’hôpital Pasteur de Nice. VALERY HACHE/AFP
L’une des filles de la septuagénaire qui s’est retrouvée au sol samedi dernier lors d’une manifestation des Gilets jaunes a donné des nouvelles peu rassurantes de sa mère.
Une semaine après sa chute en pleine manifestation de Gilets jaunes à Nice, Geneviève Legay ne va pas mieux. L’une des filles de la septuagénaire, Delphine Parent, a donné des nouvelles peu rassurantes de la santé de sa mère ce samedi, indiquant que celle-ci souffrait toujours de « violents maux de tête » et restait plongée « dans le noir total ».

Un bilan médical proche de celui communiqué par la famille dimanche dernier. La militante souffrait alors déjà de plusieurs fractures au crâne et d’hématomes sous-duraux, et avait été placée sous perfusion de morphine du fait de violents maux de tête.

Ce samedi, c’est devant l’hôpital Pasteur, où le cortège des Gilets jaunes avait fait une halte symbolique, que la fille de Geneviève Legay a pris la parole. Les manifestants, accompagnés de militants de gauches et associatifs, se sont ensuite dirigés vers la caserne Auvare, où ils ont demandé que le commissaire responsable des opérations la semaine dernière aille « en prison ». La confrontation avec les forces de l’ordre a duré de longues minutes mais n’a donné lieu à aucun incident.

Le contexte est toutefois tendu. Vendredi, le procureur de la République de Nice a ouvert une information judiciaire du chef de « violences volontaires par personne dépositaire de l’autorité publique » après qu’un policier a admis avoir écarté de son chemin Geneviève Legay lors de la charge. Un changement de version notable, alors que le procureur affirmait quelques jours plus tôt qu’il n’y avait eu à sa connaissance « aucun contact direct entre la victime et les policiers ».

Delphine Parent a, de son côté, appelé à ne pas accabler le policier en question. « Attention, il n’est pas question que ce policier prenne tout sur les épaules, il y a des donneurs d’ordres, il faut aller jusqu’en haut de la hiérarchie pour voir qui a donné l’ordre de charger », a-t-elle estimé.

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