Darmanin traité de «violeur» : 140 heures de travaux d’intérêt général requis

LR: Obtenir dans la précipitation des faveurs sexuelles d’une femme en état de grande fragilité en profitant de son statut pour avancer de vagues promesses est abject; la qualification juridique de ce comportement n’est pas conclue, pour le tribunal de la morale ou celui qui juge de l’honneur d’un homme, c’est un viol, même sans violences physiques, même avec une plainte retirée…

Le prévenu avait lancé « Darmanin, sale violeur », alors que le ministre prononçait un discours d’hommage au père Hamel à Saint-Etienne-du-Rouvray.

Un ajusteur dans l’industrie automobile, adhérent à la CGT, a comparu devant le tribunal correctionnel de Rouen pour avoir insulté Gérald Darmanin. LP/Frédéric DUGIT

Le 23 novembre 2020

Cent quarante heures de travaux d’intérêt général ont été requis lundi en correctionnelle à Rouen (Seine-Maritime) contre un homme qui a reconnu avoir traité le ministre Gérald Darmanin de « sale violeur » le 26 juillet à Saint-Etienne-du-Rouvray lors d’une cérémonie d’hommage au père Hamel assassiné en 2016 dans cette commune.

« Dire à une personne qu’elle est un violeur est un outrage. Il y a une certaine agressivité dans les termes employés », a estimé la substitut du procureur Aurélie Viguier.

La magistrate a requis 140 heures de travaux d’intérêt général avec exécution dans un délai de 18 mois et trois mois de prison en cas d’inexécution. Le tribunal rendra sa décision le 14 décembre.

« C’est sorti comme ça »

A la barre, le prévenu a reconnu avoir lancé « sale violeur, Darmanin, sale violeur », alors que le ministre de l’Intérieur était au pupitre à l’extérieur de l’église de Saint-Etienne-du-Rouvray, une commune de l’agglomération de Rouen, pour prononcer un discours d’hommage.

Pour la magistrate, cet ajusteur dans l’industrie automobile, adhérent à la CGT, « est venu pour outrager le ministre. Il n’était pas là par hasard […] Il y a une volonté de porter atteinte ».

« C’est vrai que j’ai crié. Je ne sais pas trop pourquoi mais c’est sorti comme ça, je n’avais rien prévu à l’avance », a toutefois assuré le prévenu à la barre, lisant sa déclaration d’un ton un peu hésitant.

« Même si je sais que je n’ai pas utilisé les bons mots, je ne regrette pas d’avoir pris la parole car c’est une des seules façons de se faire entendre actuellement », a-t-il ajouté.

Manifestation devant le tribunal

« En poursuivant » le jeune homme pour outrage et non pour diffamation, « le ministère public a porté atteinte aux libertés fondamentales du prévenu », a estimé son avocate Chloé Chalot.

Un « vacarme » qui a poussé la présidente de la cour d’assises à suspendre à mardi un procès qui se tenait dans une autre salle, sans lien avec celui intenté pour outrage.

Classée sans suite dans un premier temps, la procédure a été relancée par la cour d’appel de Paris qui a demandé début juin de nouvelles investigations.

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