Merlin libéré à Forcalquier : Tout le monde déteste la police ?

C’était le titre pressenti si Merlin s’était retrouvé embastillé mais il est libéré jusqu’ au jugement prévu en avril, sans même un bracelet électronique et l’interdiction de rencontrer telle ou tel.

Le bon slogan face aux brutalités policières indignes devrait plutôt être : « tout le monde déteste « cette » police » en gardant le faible espoir qu’il pourrait en advenir une autre.

Quand on veut changer ce monde – des nantis en crise-  devenu de plus en plus insupportable, nous avons le devoir  d’être intelligentEs, « inter legare, relier ensemble », c’est-à-dire interroger la réalité pour la comprendre, pour espérer la changer.

Des forces de l’ordre en général

Même en renversant le rapport de force établi par la classe dominante, ses alliés et ses laquais, ce qui est clairement notre but, nous aurons besoin encore longtemps de « forces de l’ordre » pour protéger les plus faibles et les nouveaux rapports sociaux, des violents et des factieux. Il s’agira de « forces – réellement – de l’ordre », de nature complètement différente, bien entendu : issues du peuple, mises au service du peuple, contrôlées par lui-même et non par de prétendus représentants d’un « pouvoir » dépourvus de toute légitimité.

On rêve d’une gendarmerie mobilisée essentiellement dans la protection des plus nécessiteux, des conflits entre personnes et de toutes les victimes d’exactions ; mais on sait bien que dans cet environnement délétère,  triomphent, les inégalités, les injustices, les passe-droits, les magouilles. Les gendarmes savent tourner les yeux d’instinct et ils font mine de s’affliger des conséquences tout en s’accommodant des causes des désordres.

L’Etat n’est en dernier ressort qu’une bande d’hommes en armes pour protéger les intérêts des puissants qui savent, en temps ordinaires, dissimuler leurs mécanismes de spoliations et de domination.

Mais aucune révolution n’a été victorieuse sans un basculement d’une partie significative des « gens d’armes » dans le camp du changement social, C’est la raison pour laquelle nous nous adressons volontiers aux FDO. Elles et eux, ainsi que leurs familles auront à souffrir comme nous de cet ordre au service d’une oligarchie, qui nous mène tous à la catastrophe et au chaos.

Mis à part quelques brefs plateaux télés destinés à faire du « buzz », des confrontations entre FDO et militants ne sont jamais mises sur pied. Qu’est – ce qui empêche le commandant de la gendarmerie de Forcalquier de rencontrer les partisans du « café des libertés » ? Qui l’interdit et pourquoi ?

Changer le logiciel du monde, sortir du cadre

La crise sanitaire de la Covid est son dernier avatar. Elle est endogène au système capitaliste en raison de son rapport essentiellement mortifère avec la nature, nourrissant ces conditions nouvelles des transmissions virales entre les animaux et les humains.

Après toutes les alertes scientifiques sur ce sujet, seulEs les nigaudEs peuvent penser que c’est juste un « coup de pas de chance.» pour Macron et consorts.

Les conditions d’éclatement de nouvelles crises sont parfaitement prévisibles, la folie financière et économique quand les multinationales ruinent les petits artisans et commerçants.

Le montant relatif des aides dont ils ont bénéficié est dû à la peur de la macronie d’un retour des « gilets jaunes » qu’il faut donc remercier.

Un beau monde dans lequel les paysans sont poussés par centaines au suicide (un par jour !) par les salopards pour qui ils ont voté toute leur vie. Un monde d’avant qui jetait les jeunes dans la précarité et les vieux dans la misère, un monde dont nous ne voulons plus et nous ne comptons pas sur le prochain cirque électoral pour le changer.

Sans crainte, nous avons décidé avec tant d’autres,  de nous exprimer, de réagir là où nous vivons et maintenant.

On frémit de penser que la même bande de « pieds nickelés » aurait pu avoir à gérer une catastrophe nucléaire, laquelle nous pend au nez.

Cette  utilisation éhontées des FDO dans la crise sanitaire nous fait craindre à quelles fonctions, elles seraient contraintes dans un épisode de sécheresse historique, dû au réchauffement climatique : répartir équitablement la ressource ou bien capter l’eau pour les puissants qui les commandent ?

Le gendarme et sa « liberté de penser »

Le ou la gendarme revendique derrière son uniforme son humanité sans comprendre que le corps auquel elle ou il appartient fait tout pour lui nier son individualité et même son humanité.

La formation et le concours passé, l’uniforme qui uniformise, le salaire, le logement, la hiérarchie écrasante, l’esprit de corps, les rivalités avec la police, l’armement et mille autres contraintes s’imposent au gendarme pour le formater et le conduire à penser ce qu’il pense, dans le strict respect de l’ordre des choses, tel qu’il est. IL ne peut, pour son confort, que s’interdire toute forme de libre arbitre comme de pouvoir penser hors du cadre qui l’enferme, y compris au sens propre du terme, dans une caserne.

« Quand tout le monde pense la même chose c’est que personne ne pense » disait « Einstein.

Certaines et certains y charrient aussi leur problèmes personnels, à la base de leur engagement  et peuvent assouvir dans ce système clos, propice à l’expression de leurs frustrations et de leurs névroses d’origines diverses et variées, mais dans un sentiment de sur-puissance totalement phantasmé -malgré l’arme- et déviant : mépris du peuple et de ses composantes, racisme, sexisme, machisme, perversité autorisant des violences extrêmes ou y assister sans états d’âme.

On en a toutes et tous vus ces baceux  » border-line », aux allures de racailles, avec de discrets signes distinctifs fascistes du style « punisher », visiblement, ils s’éclatent visiblement dans « le maintien du désordre. »

De la normalité à la monstruosité

« Des gardiens de la Paix, pas des forces de l’ordre »

Les images des exactions policières ainsi produites sont effarantes, la presse internationale est atterrée mais tant que la hiérarchie assume, le gendarme lambda la suit et n’a qu’un seul droit, celui de se taire.

Face à ces conduites affreuses, on peut légitimement s’interroger pour savoir si un membre de ces forces du désordre est en capacité d’établir clairement ses propres  limites.

Jusqu’ où peut-on aller dans l’application des consignes absurdes ?

Jusqu’à quel niveau de violence immorale et inutile, une intervention policière reste légitime ?

On sait bien comme l’histoire l’a malheureusement confirmé à de multiples reprises, qu’un pouvoir autoritaire peut faire des monstres à partir d’hommes ordinaires, qui dans certaines circonstances peuvent être amenés, collectivement à commettre les pires crimes.

Etat, police, justice, en dernier ressort une bande d’hommes en armes au service des puissants

Un pays qui compte plus de policiers que de paysans pour nourrir sa population est un pays malade.

Les gens d’armes appartiennent à « la gendarmerie » qui est une institution, c’est-à-dire une formation sociale totalement inféodée à l’Etat qui l’administre, mais qui produit aussi un cadre de pensée, une « idéologie » destinée à la renforcer sur elle-même. Elle soumet ainsi ses membres, condamnés à la reconnaître pour y être reconnus eux-mêmes en retour,  afin de jouir des avantages de cette reconnaissance, matérielle bien sûr, mais aussi symbolique.

De l’exploitation de le violence pour se légitimer

Les spécialistes du maintien de l’ordre savent bien que la violence d’une manifestation de masse est déterminée par le niveau de violence de la première intervention des FDO et que des protocoles ont été mis en place pour éviter justement  la gradation des violences, mais seulement à l’étranger…

Ces questions, comme celles de provocations policières, sont bien documentées et bien connues sauf des ignorants volontaires.

Un gouvernement peut avoir besoin de la mise en scène de la violence pour des raisons politiciennes de contrôle des populations, comme l’histoire l’a montré maintes fois : Des manifestants violents, ça se fabrique, des délinquants dans certains quartiers, ça se fabrique et des djihadistes, ça se fabrique mieux encore.

Des interventions policières pour faire face à la crise sanitaire

Bien sûr cette pandémie constitue un choc exceptionnel, mais elle survient dans un contexte particulièrement dégradé par des décennies de politiques libérales visant à détruire l’hôpital public, des dizaines de milliers de lits supprimées, des milliers de postes vacants –en augmentation constante – car le personnel hospitalier fuit massivement l’hôpital. Il a fallu un an de manifestations hebdomadaires pour sauver les urgences à Sisteron mais dix ans de manifestations pour obtenir l’ouverture d’une réa à Manosque n’ont pas suffi. Il n’y a que 8 lits en réa à l’hôpital de  Digne.

Il faut être bien naïf et inconscient pour croire  que ces gens-la, se soucient de la santé de leur population, hors de leur cadre de pensée complètement colonisé par les industriels de la santé et du médicament, qui ordonnent dans des cabinets secrets.

L’impéritie totale de la politique sanitaire macronienne se démontre chaque jour, ils ont tout raté. Et la fixette répressive –unique en Europe – sur le port du masque en extérieur et autres consignes facétieuses assénées dans la confusion la plus totale, ne sert qu’à dissimuler leur totale faillite.

Parades policière à la place des soins.

Le prix de l’équipement d’un gendarme mobile, 50 fois celui d’une infirmière les fait rêver !

Les parades policières de plus en plus insupportables sont mises en scène pour donner au bon peuple l’illusion qu’ils agissent. Même si leurs intérêts dans la lutte contre la pandémie n’ont jamais été démontrés, quand tant d’autres lieux de contamination sont ignorés volontairement pour des raisons économiques.

Ces gens là, empêtrés dans leurs intérêts privés et la cacophonie de leurs petites officines sont incapables de susciter une mobilisation massive pour des mesures appropriées, globalement reconnues pour stopper le virus.

La mise en place d’une politique de répression pour lutter contre une pandémie, qui s’alimente des peurs irréfléchies, ne peut naître que dans un cerveau malade.

Mais le bon peuple se demande si la soixantaine de « gens d’armes » déployée le lundi 15 mars à Forcalquier – du jamais vu – n’avaient pas de missions plus utiles à accomplir.

L’appel au respect de la loi par le représentant local de la fripoullerie politcienne du parti LR – la grande école nationale de la corruption après les UNR, UDR RPR et UMP – est savoureux. David Gehant appartient aussi à ce parti qui a vu défiler à sa tête sous différentes étiquette mais dans la continuité tout « un ramassis de menteurs, tricheurs, truqueurs et de grands délinquants qui tous se sont évertués à saccager l’hôpital public, au nom d’une logique libérale, directement productrice du désastre actuel : des milliers de lits fermés, des places en réanimation toujours largement insuffisantes et un personnel médical à bout et notoirement sous-payé qui déserte les HP. »

https://lesgiletsjaunesdeforcalquier.fr/index.php/2021/03/12/david-gehant-il-appelle-la-police/

Et c’est au service de ce politicien pur sucre que les gendarmes de Forcalquier ont du se mettre, pour son opération démagogique, en ordre de bataille au premier coup de sifflet.

Un regard historique pour se défendre des ordres idiots

Leurs explications classiques « les ordres viennent d’en haut », « on ne fait qu’obéir »  ne sont pas acceptables, elles devraient même être proscrites du vocabulaire de tous les hommes en uniformes, depuis Nuremberg, tant elles ont servi de piètres excuses à des nazis.

Chaque gendarme devrait connaître l’histoire de la gendarmerie et de sa collaboration massive avec les occupants allemands auxquels elle livrait les résistants qu’elle pourchassait dans les villages à leur place. Sa participation aux crimes immenses des guerres coloniales et leurs flots d’atrocités mériterait d’être exposée et analysée pour que de telles infamies ne se reproduisent plus.

Dans le même ordre d’idée, chaque magistrat devrait avoir posé sur son bureau la photo de Paul Didier, le seul magistrat à avoir refusé de prêter serment de fidélité au maréchal Pétain. Cela relativise les certitudes d’une époque quand elles sont confrontées au jugement de l’histoire. Nous espérons que les magistrats vont stopper les dérives judiciaires vers les « sections spéciales » et  que l’harnachement des policiers nous paraîtra, dans un futur plus civilisé pour ce qu’il est : grotesque.

Les gendarmes de Forcalquier

Les images de ces dizaines de gendarmes en armes avec  gilets pare-balles devant quelques dizaines de protestataires joyeux de participer à un pique-nique jubilatoire sont consternantes, nous refusons de nous y habituer, elles ne sont pas banales, elles sont la marque d’une époque qui décidément va bien mal.

Présence policière inadaptée, prises de centaines de photos et vidéos, intimidations diverses, convocations à la gendarmerie pendant de longues heures,  garde à vue, visites à domicile, pluies de contravention, menottage, prises d’empreintes, etc., etc. Cette débauche d’activités pour casser le « café des libertés » est en soi indécente. Cela devait être « open bar » pour les délinquances classiques.

Sommes-nous encore en démocratie ou bien sommes-nous entrés dans le clair-obscur d’une « démocrature » autoritaire ?

Dans un contexte aussi prégnant, la plupart des gendarmes rencontrés à Forcalquier sont restés en général « bons enfants » comme on dit et ceux qui ont du se coltiner les ordres les plus attentatoires aux libertés ont tenté d’en atténuer les aspects les plus abscons, malgré des protocoles et des procédures absconses.

C’est déjà ça !

LR

 

 

 

 

 

 

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