Italie : arrestations dans l’ultradroite romaine après une manifestation contre le passe sanitaire

Police clashes with demonstrators during a protest, in Rome, Saturday, Oct. 9, 2021. Thousands of demonstrators protested Saturday in Rome against the COVID-19 health pass that Italian workers, both the public and private sectors, must display to access their workplaces from Oct. 15 under a government decree. (Cecilia Fabiano/LaPresse via AP)

Plusieurs centaines de personnes se sont opposées samedi soir à la police dans le centre de Rome, dévastant entre autres le siège de la CGIL, principale confédération syndicale du pays.

Le Monde avec AFP

Publié hier le 11 10 2021
Piazza del Popolo lors d’une manifestation, à Rome, le 9 octobre 2021.

Plusieurs membres d’un groupuscule d’ultradroite italiens, Forza Nuova, dont deux responsables, ont été arrêtés, dimanche 10 octobre, après les heurts violents qui ont suivi une manifestation anti-passe sanitaire samedi à Rome.

Plusieurs centaines de personnes se sont opposées samedi soir à la police dans le centre de Rome, dévastant entre autres, le siège de la CGIL (gauche), principale confédération syndicale du pays. Les forces de l’ordre ont utilisé des canons à eau et du gaz lacrymogène pour disperser les manifestants, au cours d’affrontements qui ont duré plusieurs heures.

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« Les responsables de l’assaut contre le siège national de la CGIL ont été rapidement arrêtés. Depuis trop longtemps ils agissaient pour alimenter les tensions et les violences », s’est félicité le député Federico Fornaro.

Le sénateur Andrea Marcucci a renchéri :

« La violence fasciste doit être arrêtée immédiatement. Toutes les forces démocratiques sont aujourd’hui avec la CGIL et les forces de police. »

Selon les médias, douze personnes ont été arrêtées, dont Roberto Fiore, secrétaire national de Forza Nuova, et Giuliano Castellino, responsable de ce mouvement à Rome.

La dissolution de ce mouvement réclamée

Forza Nuova est un parti d’ultradroite néofasciste créé en 1997 dont le programme prévoit, entre autres, l’interdiction de l’avortement, l’arrêt de l’immigration ou l’abrogation des lois punissant l’incitation à la haine pour des raisons politiques, de race ou de religion. Aux divers scrutins auquel il s’est présenté, seul ou en coalition avec d’autres groupuscules d’ultradroite, il n’a jamais atteint les 0,5 % des votes.

De nombreuses voix, essentiellement du centre et de la gauche, se sont élevées pour réclamer la dissolution de ce mouvement. Emanuele Fiano, membre de la présidence du groupe des députés du Parti démocrate (PD, centre gauche), a déclaré :

« Ça suffit avec la violence des groupes néofascistes. Nous présenterons demain (…) une motion urgente au Parlement réclamant du gouvernement la dissolution de Forza Nuova. »

Plusieurs autres élus et ministres du gouvernement de Mario Draghi sont sur la même position. Le patron de la CGIL, Maurizio Landini, parlant devant le siège dévasté du syndicat, a lui aussi réclamé la dissolution de Forza Nuova et annoncé une grande manifestation antifasciste pour le samedi 16 octobre. « Ils ne peuvent pas nous intimider, ils ne nous font pas peur », a-t-il lancé aux personnes venues exprimer leur solidarité.

Le Monde avec AFP

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