« C’est une provocation » : en Guadeloupe, les habitants se disent exaspérés par le couvre-feu

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Le préfet de Guadeloupe a décidé vendredi d’instaurer un couvre-feu à partir de 18 heures (heure locale), jusqu’à 5 heures du matin le lendemain. Une décision qui irrite les habitants et touristes sur place.

Article rédigé par Farida Nouar et Laurent Macchietti – franceinfo

Radio France
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« La décision a été prise trop au dernier moment. » Dans cette pizzeria de Sainte-Anne (Guadeloupe), il est 18 heures passées mais le four à bois est toujours allumé car Marika a été surprise. Elle a appris la nouvelle du couvre-feu sur les réseaux sociaux. « Dès que j’aurai donné toutes nos commandes, je rentrerai chez moi, assure-t-elle. Nos commandes sont prises à l’avance, il faut bien qu’on travaille quand même. Il fallait prévenir à l’avance. »

Le préfet de Guadeloupe a décidé vendredi 19 novembre d’instaurer un couvre-feu à partir de 18 heures (heure locale), jusqu’à 5 heures du matin le lendemain en raison « des mouvements sociaux en cours et des actes de vandalisme ». Salim et Iris, deux touristes surpris aussi par l’annonce du préfet, se dépêchent d’avaler leur pizza. « On vient d’arriver il y a une demi-heure, on a appris qu’il y avait le couvre-feu et là on a roulé, on a trouvé la seule échoppe ouverte où manger », raconte Iris. « C’est un peu short comme délai, s’agace Salim, ils savent très bien qu’il y a aussi des touristes, le déclarer au dernier moment sans prévenir, sans laisser les gens rebondir… »

« On s’en tape du couvre-feu »

Mais à part ce restaurant et quelques clients, les rues de Sainte-Anne sont quasi vides. Plus de camionnettes de « bokit » le long de la plage, les buvettes, les commerces ont baissé le rideau dès 18 heures. Mais certains habitants ne comptent pas rentrer à la maison. « On s’en tape du couvre-feu, on s’en tape », lance une habitante de Sainte-Anne qui vient de quitter la plage. Pour son compagnon, le préfet « pouvait commencer par le dialogue », juge-t-il.

« Tous ces jeunes qui sont dans la rue, qui sont désœuvrés, vous croyez qu’ils vont rester chez eux ? On a jeté de l’huile sur le feu. Pour moi, c’est une provocation. »

Un habitant de Sainte-Anne

à franceinfo

Les violences urbaines, les incendies, les pillages commis par des groupes de jeunes de plus en plus nombreux à tenir des barrages sur l’île ont poussé le préfet de Guadeloupe à prendre cette décision. « Il n’avait pas d’autre solution », concède Axel, un quinquagénaire qui tient un barrage sur le Gosier. Il regrette que le mouvement ai pris cette tournure, infiltré selon lui par des jeunes qui n’ont rien à y faire : « Ces barricades échappent au contrôle de toute organisation. Ce n’est pas un mouvement de brigands. » Cependant, lui non plus ne compte pas rentrer chez lui : « Jamais. Nous n’obéirons jamais à un couvre-feu. » Un couvre-feu qui restera en vigueur jusqu’au 23 novembre au matin.

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