Espionnage Squarcini : quand LVMH s’achète une justice sur mesure

François Ruffin 
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Espionnage Squarcini : quand LVMH s’achète une justice sur mesure
Dans mon affaire d’espionnage, LVMH tente de s’acheter une justice, avec la bénédiction du parquet. Je serai au Palais de Justice de Paris, ce vendredi matin, pour le dénoncer à l’audience.
A la demande du groupe de luxe LVMH, Bernard Squarcini a procédé à ma surveillance, durant le tournage de Merci patron ! Avec ses complices, il est donc, comme l’a révélé Mediapart, mis en examen pour « atteinte à la vie privée », « exercice illégal de professions réglementées relevant des activités de sécurité privée » et « exercice illégal d’agent de recherches privées ».
Le groupe LVMH est mis en cause comme commanditaire. Des écoutes téléphoniques prouvent, même, l’implication personnelle de Bernard Arnault.
Mais qu’apprend-on ?
Que le parquet de Paris a discrètement négocié une convention avec LVMH : contre un chèque de dix millions d’euros, le procès pénal n’aurait pas lieu. Les accusations seraient oubliées. Le groupe de luxe échapperait à la justice.
« Nous avons reçu une convocation numérique, presque du jour au lendemain, relève notre avocat, Maître Sarfati, le mercredi soir pour le vendredi matin. Et les seules explications pour renoncer aux poursuites, c’est que ‘les faits sont anciens’, que LVMH a depuis recruté un Monsieur Ethique. »
Il s’agit bien sûr d’une affaire politique.
Ce dossier concerne la première fortune de France.
Qui, en 2017, a apporté son soutien, et celui de ses médias, à Emmanuel Macron.
Qui a renouvelé son appui, pour 2022, auprès du président-candidat.
Et bien sûr, en face, les droits d’un journaliste, aujourd’hui député de l’opposition.
Cette procédure d’exception, avec espèces sonnantes et trébuchantes, ressuscite le commerce des indulgences.
E
t comme nous ne croyons aucunement à l’indépendance du parquet, nous dénonçons le garde des Sceaux, Eric Dupond-Moretti. Qui n’assure nullement, ici, le fonctionnement de la Justice : au grand jour, dans ce pays, elle peut s’acheter.
Nous demandons au président du tribunal judiciaire de Paris de refuser cet arrangement. Il le peut. Il le doit.
Je serai présent à l’audience, ce vendredi 16 décembre à 10h – Palais de Justice de Paris, Porte de Clichy, Salle 2.13
François Ruffin, député de la Somme
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