Une surenchère autoritaire pour masquer la responsabilité du gouvernement

[ad_1] 2022-01-17 18:58:22 Revolution Permanente

Ce weekend, le passe vaccinal a été définitivement adopté à l’Assemblée Nationale dans le cadre du «  Projet de loi renforçant les outils de gestion de la crise sanitaire et modifiant le code de la santé publique  ». Avec 215 voix pour et 58 contre, ce sont les députés de la majorité qui ont eu le dernier mot après deux semaines d’aller-retours entre le Sénat et l’Assemblée Nationale, et une version finale quasi-identique à la première.

Voté par la quasi-totalité des députés LREM et Républicains, les sénateurs – à majorité LR – avaient en effet voulu amender le texte sur des points précis, tout en donnant un «  accord au principe  » du passe vaccinal, ce qui a eu pour effet de repousser d’une semaine la date de mise en application du passe prévue initialement au 15 février.

Le passe sanitaire jusqu’alors en vigueur sera donc remplacé dans le courant de cette semaine par un passe vaccinal pour toute personne âgée de 16 ans ou plus. En clair, la présentation d’un test Covid négatif ne suffira plus pour accéder aux grands centres commerciaux, bars, restaurants, aux lieux de loisir et de culture, ou encore pour prendre le train et les bus longue distance. Il faudra désormais attester d’une vaccination complète, et avoir reçu une dose de rappel 7 mois après la seconde injection, réduit à 4 mois à partir du 15 février.

Au total, au moins un demi-million de personnes vaccinées pourraient ainsi voir leur passe sanitaire désactivé dès la mise en place de la nouvelle loi. Et les plus de 4 millions de personnes, qui n’ont encore reçu aucune dose de vaccin en France, seront, elles, purement et simplement privées d’accès à la quasi-totalité des lieux publics, même avec un test négatif récent.

Le passe vaccinal entraînera par ailleurs un élargissement des possibilités de contrôles d’identité. De plus dans cette dernière version, l’un des principaux points de désaccord entre la majorité présidentielle et l’opposition a finalement été adopté. Le contrôle obligatoire des documents d’identités par les personnels des lieux soumis au passe, mesure qui avait été hypocritement supprimée par le Sénat – à majorité LR – a été rétabli en partie et voté ce week-end, bien que les députés France Insoumise aient déposé une vingtaine d’amendements en dernière lecture pour demander sa suppression. Ainsi, bien que non obligatoire, « lorsqu’il existe des raisons sérieuses de penser que le document présenté ne se rattache pas à la personne qui le présente, les personnes et services autorisés à en assurer le contrôle peuvent demander à la personne concernée de produire un document officiel comportant sa photographie afin de vérifier la concordance entre les éléments d’identité mentionnés sur ces documents. »

Cette nouvelle loi, en plus de constituer un pas supplémentaire dans l’autoritarisme sanitaire, n’aura probablement que très peu, voire pas d’effet sur la situation épidémique. « [Le passe vaccinal] n’est pas de nature à porter un coup d’arrêt à la diffusion d’Omicron » a d’ailleurs reconnu Philippe Bas, sénateur LR favorable à la mesure… . Celle-ci revêt d’abord un intérêt politique : permettre au gouvernement de masquer l’échec de sa propre stratégie sanitaire. Avec cette mesure, le gouvernement continue en effet de faire des non-vaccinés des bouc-émissaires, stigmatisés pour leur faire endosser la culpabilité de la reprise épidémique et de l’engorgement des hôpitaux.

À quelques mois des élections présidentielles, Macron tente ainsi de dissimuler sa gestion erratique de l’épidémie avec ce dispositif. Alors que le gouvernement a choisi de laisser circuler le virus massivement, avec plus de 300.000 contaminations quotidiennes enregistrées depuis plus de deux semaines, il se refuse à mettre les moyens pour briser les chaînes de contamination et laisse l’école et les hôpitaux sans moyens à la hauteur pour affronter la crise, comme en témoigne l’absence de masques FFP2 pour la population.

Face à cette attaque liberticide du gouvernement, les députés de la France Insoumise, ainsi que plusieurs députés du PS qui se sont positionnés contre le projet de loi, ont saisi le Conseil Constitutionnel. Si celui-ci devrait rendre son verdict jeudi, il avait déjà validé la constitutionnalité de l’obligation vaccinale pour les soignants en août dernier… Dans ce cadre, à rebours de cette gestion sanitaire made in Medef et autoritaire – qui favorise au passage le regain des idées anti-vax et covido-sceptiques en minimisant l’impact de la 5ème vague pour justifier le maintien de l’économie à tout prix et en multipliant les mesures discriminatoires contre les non-vaccinés – il s’agit d’imposer par en bas la mise en place de moyens à la hauteur pour les hôpitaux et d’imposer une stratégie sanitaire qui allie campagne de vaccination fondée sur la pédagogie et protocoles sanitaires à la hauteur dans les lieux de travail, d’études et les transports en commun.

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