Jean Pagnon: UNISSONS-NOUS !

UNISSONS-NOUS !

Bonjour tout le monde,
Nous Gilets Jaunes sommes sortis voilà quelques temps pour donner une visibilité, pour faire valoir les droits de tous ceux qui s’étaient tus, qui s’étaient effacés depuis si longtemps de la société. Nous avons constaté combien il était difficile de nous entendre, de communiquer – à commencer entre nous – mais cela n’est rien d’autre qu’un des effets produits par l’atomisation des individus, par l’atomisation de nos sociétés. Effet nécessaire pour mieux imposer la logique marchande à chacun d’entre nous, mais cela ne peut se faire qu’en décomposant, une à une toutes les structures élémentaires de la solidarité traditionnelle (la famille, le village, le quartier, etc…) qui avaient, jusqu’ici, constitué le sens commun et la moralité populaire. Cette décence commune, ces valeurs – si j’ose dire – représentent tout simplement les vertus humaines élémentaires (loyauté, honnêteté, bienveillance, générosité) qui se retrouvent chez des « gens ordinaires» (cf. Orwell); notons au passage que ces valeurs ont été mises en avant dans le « code d’honneur des GJ » ! Comme quoi, il y a effectivement des évidences dans les classes populaires qu’on ne retrouve que rarement dans le reste de nos sociétés modernes…!
La question sociale était autrefois le moteur, était au cœur des luttes, des mobilisations d’envergure qui ont permis d’obtenir un rapport de force favorable aux classes populaires (Front populaire, Libération, Mai-Juin 68) et qui ont été à l’origine de nos acquis sociaux. Il va s’en dire que la question sociale a été peu à peu mise de côté, pour être reléguée – dans les années 80 – aux profit de nouvelles luttes dont certains syndicats se font les porte-étendards les plus manifestes (cf. G. Debord, J.C. Michéa). Nous nous retrouvons ainsi dans cette même logique d’atomisation.
Dernièrement, d’autres sujets de préoccupation sont venus s’immiscer dans les débats (pass, vaccination, guerre) qui ont finalement fini par cliver davantage la population ainsi que les différentes contestations. Comme dit l’adage « Diviser pour mieux régner ».
Avons-nous perdu la boussole au point d’avoir perdu de vue ce qui nous unissait jusqu’à présent, c’est à dire le combat contre ce gouvernement, contre ce système, au profit de calculs égoïstes, d’un confort individuel dans sa propre existence ? (C’est une question qui est adressée à ceux qui voudraient subordonner, éclipser la question sociale à d’autres priorités…!)
Les choses ne sont pas faciles comme j’ai pu le rappeler plus haut, des points de désaccord existeront toujours, mais nous avons aussi cette capacité de prendre parfois sur nous-mêmes au lieu de nous déchirer pour mieux donner raison au pouvoir…! Nous avons, en fait, bien plus que cette qualité de tolérance qu’on se doit à nous-mêmes, nous avons ce « bon sens», cette raison des gens ordinaires qui doit nous guider en toute circonstance pour œuvrer ensemble à notre cause, pour poursuivre ensemble la lutte….!
Amitiés.
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