MARCHE CONTRE LA VIE CHÈRE: LE MALAISE DE LA NUPES APRÈS LE PARALLÈLE DE MÉLENCHON AVEC 1789

Baptiste Farge

Jean-Luc Melenchon face à la presse après un débat à la Fête de l’Humanité près de Paris le 10 septembre 2022 – Thomas SAMSON © 2019 AFP

Après la comparaison de Jean-Luc Mélenchon entre la marche contre la vie chère et la Révolution française, plusieurs élus de gauche ont pris leurs distances avec l’insoumis.

Les tweets de Jean-Luc Mélenchon font décidément réagir ses alliés. Il avait poussé certains élus de la coalition des gauches à prendre leurs distances en saluant le « courage » et la « dignité » d’Adrien Quatennens. Même chose cet été lorsqu’il avait jugé que la visite à Taïwan de Nancy Pelosi, présidente de la Chambre des représentants des États-Unis, était une « provocation » vis-à-vis de la Chine.

Cette fois, les désaccords sont venus d’une comparaison entre la Révolution française et la « marche contre la vie chère et l’inaction climatique », prévue dimanche prochain et dont il est à l’initiative.

« Le 5 et le 6 octobre 1789, les femmes marchent sur Versailles contre la vie chère. Elles ramènent le roi la reine et le dauphin de force à Paris sous contrôle populaire. Faites mieux le 16 octobre », a tweeté le tribun ce jeudi.

« Fébrilité de la Nupes »

Ces propos ont conduit Olivier Faure à sortir du bois. « Là Jean-Luc, tu peux faire mieux », a écrit le Premier secrétaire du Parti socialiste sur Twitter, indiquant que « la provocation n’est pas toujours le meilleur moyen de se faire entendre ».

« Il n’y a plus ni roi ni reine. Nous n’aurons ni pique ni fourche. Notre mobilisation sera non violente et sa force c’est son message: la justice contre le désordre social », a également ajouté le député de Seine-et-Marne.

Une réaction qui « traduit la fébrilité de la Nupes », selon Matthieu Croissandeau. L’éditorialiste politique de BFMTV estime qu’Olivier Faure cherche à se « démarquer » de « peur que [la polémique] ne retombe sur lui ».

« Au sein de la Nupes, tout le monde en a marre d’assumer les scandales des autres. Du coup, c’est manif pour tout le monde mais chacun pour soi dans les rangs et on se protège comme on peut, ce qui témoigne d’une nervosité et de fissures », analyse-t-il sur BFMTV.

Dans la roue d’Olivier Faure, Guillaume Garot, député socialiste de Mayenne a dénoncé la « provocation à outrance » de Jean-Luc Mélenchon. Tout en soulignant que cela n’a pas sa « place dans notre démocratie ». Et « encore moins, tout appel à une violence, quelle qu’elle soit », a-t-il ajouté.

« Pas d’inquiétude »

L’écologiste Aurélien Taché a quant à lui fait un pas de deux. Le député du Val-d’Oise a évoqué une « monarchie présidentielle » et appelle à marcher « pour la démocratie », précisant au passage qu’il n’est « ni mélenchoniste, ni même robespierriste ».

En face, les insoumis ont cherché à rassurer et rassembler alors que toutes les couleurs de la Nupes seront présentes à cette marche.

« Cher Olivier, pas d’inquiétude. Ce que nous aurons en commun, du 5 et 6 octobre 1789 au 16 octobre 2022, c’est la colère et la révolte face à l’injustice », a ainsi écrit Mathilde Panot, cheffe de file des insoumis à l’Assemblée nationale.

La séquence, comme chaque division de la Nupes, a donné du grain à moudre aux socialistes non-favorables à une alliance avec les insoumis. « Je demande au PS de ne pas participer à cette manifestation organisée par LFI », a par exemple tweeté Stéphane Le Foll, ancien ministre de l’Agriculture de François Hollande.

Baptiste Farge
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