JUSTICE ET VÉRITÉ POUR YANIS

Nous étions samedi dernier à Saint-Denis, où était organisée une manifestation commémorative en Hommage a Yanis, afin de réclamer la justice et la vérité sur cette affaire.
Plus de 200 personnes ont répondu à l’appel de différents collectifs de victimes de violences policières parmi lesquels Justice et Vérité pour Gaye, Ibo, Bababar, Adama ou encore Yanis enfant écrasé par deux fils de gendarmes, ainsi que les mutilés pour l’exemple, le Réseau Entraide et Vérité, l’Action Antifasciste Paris-Banlieue, ou encore la Marche Féministe Antiraciste.
Nous avons déjà posté à plusieurs reprises sur cette affaire mais pour rappel :
Le 14 avril 2021, Yanis, jeune de 20 ans, dyonisien (habitant de la ville de Saint-Denis) part rouler en moto, une de ses passions.
Accompagné d’un autre rider, il croise un groupe d’amis en voiture, avec qui ils s’arrêtent pour discuter. Une Ford Mondeo de la BAC arrive et les disperse. Elle prend par la suite en chasse les deux motards de manière totalement illégale.
Les courses-poursuites avec les véhicules deux roues motorisés ne sont autorisées qu’en cas de crime de sang.
Séparé à l’angle d’une rue, son ami perd de vue Yanis qui sera percuté par la voiture de police sur l’autoroute.
La police prétend que Yanis aurait entrepris une courte-poursuite en sens inverse, ce que démentent les quelques témoins de la scène.
La famille fait état d’un choc d’une rare violence, le T-max de Yanis a été retrouvé littéralement coupé en deux (source Streetpress notamment).
Yanis passera 49 jours dans le coma à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, avant de décéder.
La honte ne s’arrête pas là, le deuxième soir d’une veillée commémorative dans le quartier de la Plaine, la police attaque délibérément les
habitants venus se recueillir en faisant usage de gazs, de LBDs et de matraques. Des enfants seront blessés.
De la même manière, la police s’acharne sur le frère de Yanis, Nassim, qu’elle accuse de mener des émeutes et d’appeler à la haine et la rébellion contre la police, chose qu’il réfute totalement étant absent aux moments des faits reprochés. Il a depuis été relaxé.
Une plainte avait été déposée à l’IGPN, pour le moment les bandes de vidéosurveillance n’ont toujours pas pu être transmises. La police cacherait-elle quelque chose ?
La famille réclame des vidéos de surveillance pouvant mettre en lumière les faits.
Non seulement pour la justice mais aussi pour savoir ce qui s’est réellement passé.
L’absence de vérité est un poids supplémentaire que portent les proches de la victime, pour qui le deuil est déjà quasiment impossible.
Yanis avait la vie devant lui, son nom s’ajoute à une liste bien trop longue de jeunes de quartiers populaires percutés ou pourchassés par la police.
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