Ariane Lavrilleux en garde à vue : un ex-militaire mis en examen pour divulgation du secret-défense

A picture shows the logo of the French General Directorate for Internal Security (Direction generale de la securite interieure, DGSI) at its headquarters in Paris on August 31, 2020, during a speech by the Interior minister on the state of terrorism threat. (Photo by STEPHANE DE SAKUTIN / POOL / AFP)

L’homme est soupçonné d’avoir été l’une des sources de la journaliste pour son article sur une opération de renseignement français qui aurait été détournée par l’Égypte.

STEPHANE DE SAKUTIN / AFP
A picture shows the logo of the French General Directorate for Internal Security (Direction generale de la securite interieure, DGSI) at its headquarters in Paris on August 31, 2020, during a speech by the Interior minister on the state of terrorism threat. (Photo by STEPHANE DE SAKUTIN / POOL / AFP)

JUSTICE – Un ancien militaire soupçonné d’être l’une des sources de l’article du média d’investigation Disclose évoquant un programme de renseignement français en Égypte a été mis en examen et placé sous contrôle judiciaire ce jeudi 21 septembre, a indiqué à l’AFP le parquet de Paris.

D’après le parquet de Paris, ce dernier a été mis en examen pour détournement et divulgation du secret de défense nationale par son dépositaire. Ces deux infractions sont passibles de 7 ans d’emprisonnement et d’un million d’euros d’amende. Contactée, son avocate, Me Margaux Van Der Have, n’a pas souhaité commenter.

En 2021, elle a publié une longue enquête sur un possible détournement par l’Égypte d’une opération de renseignement française appelée Sirli lancée au nom de l’anti-terrorisme. À la suite de cette publication, le ministère français des Armées avait porté plainte pour « violation du secret de la Défense nationale ». La garde à vue d’Ariane Lavrilleux, mesure coercitive rarissime, a indigné la profession.

Au cours d’une conférence de presse organisée ce jeudi, la journaliste d’investigation s’est indignée qu’un « nouveau cap » ait été franchi contre la liberté d’informer et a dénoncé un « détournement des services de la justice »« Si on ne protège pas les sources, c’est la fin du journalisme », a-t-elle insisté.

« On n’est pas en Égypte »

Elle a raconté comment, mardi à 6 h 00, « neuf agents des renseignements et des magistrats d’ordinaire en charge de la lutte antiterroriste ont débarqué » chez elle à Marseille, avec des valises de « logiciels de cybersurveillance » « pour aspirer les données » de ses téléphones, ordinateurs, clé USB.

« Une juge d’instruction était présente sur place », et Ariane Lavrilleux a appris à cette occasion qu’elle « était placée sous surveillance depuis un certain temps », se sentant alors traitée comme une « délinquante ».

Lors de ses auditions au commissariat, elle a invoqué son « droit au silence », quand les agents lui demandaient « depuis quand » elle travaillait pour Disclose, essayant « de savoir comment on a pu avoir des infos “confidentiel défense” »

Pour elle, cette « arrestation après des attaques qui se multiplient ces dernières années, essentiellement sous la présidence d’Emmanuel Macron »« On ne peut pas faire n’importe quoi au nom de la défense nationale. Justement parce qu’on n’est pas en Égypte », a-t-elle jugé. Selon elle, son arrestation a « montré qu’on dérange et qu’on est nécessaire pour que l’omerta des ventes d’armes aux dictatures cesse ».

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