LE SUCCES DU 7 JUILLET N’EST PAS UN RESULTAT COMME UN AUTRE, C’EST UN APPEL A CONTINUER…

LE SUCCES DU 7 JUILLET N’EST PAS UN RESULTAT COMME UN AUTRE, C’EST UN APPEL A CONTINUER LA MOBILISATION POUR ASSURER LA REUSSITE DU FRONT POPULAIRE PAR LA RUE
Le succès du 7 juillet n’est assurément pas un succès électoral comme un autre.
Il s’est fait par des mobilisations jamais vues : la création du Nouveau Front Populaire en un jour, les accords de désistement en deux jours, eux-mêmes réalisés grâce à la pression générale de manifestations continues et même parfois de grèves appelées par des syndicats, doublées d’une mobilisation comme jamais de la société civile depuis les artistes et scientifiques jusqu’aux diplomates et architectes en passant par les enseignants d’histoire ou même les chanteurs d’opéra ou encore le festival d’Avignon. La France n’a jamais connu de son histoire un tel mouvement concentré en si peu de temps contre la menace fasciste, contre les manœuvres du gouvernement de Macron, contre tous les partis de droite et d’extrême-droite, contre l’essentiel des médias et les instituts de sondages d’opinion, contre le monde de l’argent derrière Bardella, contre la démoralisation des classes populaires, bref contre les tendances dominantes de la situation générale et contre l’air du temps raciste et réactionnaire qui nous empoisonne depuis trop longtemps. C’est pourquoi, cette mobilisation hors du commun et son succès ont été suivis avec passion par le monde entier comme peut-être la planète n’a pas connu un tel frémissement depuis dix ou vingt ans, et peut-être plus selon ce qui va se passer maintenant.
Nous avons en effet plus que repousser le danger de trois ans. En réalisant l’impossible, en secouant l’esprit de résignation qui accablait nombre d’entre nous, nous avons commencé à ébranler le monde. Bien sûr, tout n’est pas fait et aux quatre coins de la planète on se demande si nous allons maintenant rentrer chez nous après ou au contraire continuer et retrouver les accents révolutionnaires qui ont fait le peuple français dans l’histoire.
C’est pourquoi si nous soufflons légitimement quelques jours après le 7 juillet, nous devons en profiter pour bien réaliser et faire réaliser autour de nous l’immense retournement de situation que nous avons mené à bien et nous appuyer sur cette prise de conscience pour se dire que s’il y a encore bien du chemin à faire, nous avons fait le plus difficile et que nous sommes à deux doigts d’une victoire encore plus importante. Nous pouvons inverser dans le domaine social et environnemental le retournement que nous avons exécuté dans le domaine politique.
Bien sûr, les partis d’extrême-droite, de droite et leurs médias ont repris leur travail de sape et tentent de dissimuler notre exploit à nos propres yeux et nous empêcher ainsi de prendre conscience de notre immense force. Ainsi ils rabâchent que le nombre des députés du RN a fortement augmenté, qu’ils ont eu dix millions de voix, qu’il n’y a pas de majorité parlementaire possible pour le NFP, que ça va être les vacances et que tout le monde va se disperser, etc., etc… Mais non ! Le RN a perdu malgré les immenses soutiens dont il bénéficiait, de Macron au Medef en passant par les médias, sa marche ascendante est stoppée le réduisant à une baudruche qui peut rapidement se dégonfler ; il n’y a pas besoin de majorité parlementaire pour gouverner – Macron vient de le montrer- et la constitution de la Ve République est faite pour permettre à une minorité parlementaire de gouverner ; c’est pendant les vacances que certains des plus grands mouvements sociaux du pays se sont déroulés, etc., etc…
En fait, les forces de l’argent et les partis de la réaction ont peur. Ils ont peur qu’il se forme un gouvernement du NFP et que ce gouvernement augmente le smic de 200 euros comme il l’a promis – ce qui peut se faire par décret – et annule la dernière réforme des retraites, pour revenir à 62 ans avec effet immédiat pour des centaines de milliers de travailleurs, ce qu’il pourrait réaliser par la loi au Parlement, parce que le RN pour éviter que son échec se transforme en déroute et que s’envolent ses millions d’électeurs, a déjà annoncé qu’il voterait une telle mesure. Ces deux mesures ne sont pas grand-chose et en même temps c’est énorme. Ce n’est pas beaucoup au regard de tout ce que nous avons perdu mais c’est énorme parce que c’est cela qui peut redonner espoir et confiance aux classes populaires et faire que le début de mobilisation électorale qu’on a vu dans les quartiers et dans la jeunesse se transforme en un formidable élan par la rue et la grève – comme en 1936 – pour récupérer tout ce qu’on nous a volé depuis des décennies, pour obtenir tout et changer le monde. C’est tout à fait possible parce qu’il y a une combinaison de soutien au NFP et en même temps il n’y a pas de grandes illusions à son égard, ce qui est exactement la même combinaison qui a amené à la grève générale 1936. Si le NFP n’est certainement pas prêt à renverser la table, il est tout à fait capable sous la pression de la base d’augmenter le Smic et d’abroger la dernière réforme des retraites, dans le prolongement de ce qu’il a déjà fait jusqu’à présent, se constituer, mettre en route le désistement et éviter le piège de la grande coalition poussée par les médias allant du LR au NFP en passant par LREM, même si bien sûr, on peut s’attendre à quelques sorties de route et trahisons de certains de ses membres, mais sans que ça n’infléchisse la trajectoire principale.
La mobilisation pour la réalisation de l’unité populaire qui a mené au succès du 7 juillet est cette combinaison de soutien au NFP et de méfiance à son égard qui donne son caractère si particulier au NFP et à la victoire du 7 juillet. Ce n’est pas une mobilisation comme une autre et ce n’est pas un succès comme un autre. C’est un appel au soutien à un gouvernement du Nouveau Front Populaire et en même temps un appel pour la réalisation de son programme par la mobilisation de rue, par des manifestations, rassemblements et grèves dans les ateliers, usines, universités, lieux de culture, places publiques en même temps que des Assemblées et comités structurant cette mobilisation. C’est tout à fait possible parce que ça correspond à l’état d’esprit actuel de beaucoup. Des appels à la lutte sans soutien au Front populaire sont voués à l’échec tout comme l’est également le seul soutien à un gouvernement de Front populaire sans appel à la lutte. Le NFP s’est fait sous la pression de la base, la réalisation de son programme et au-delà ne peut se faire qu’avec la mobilisation du vrai Front populaire qui est celui d’en bas. Evidemment, Macron va tout faire pour mettre des bâtons dans les roues de la constitution d’un gouvernement de Front populaire et de la réalisation de son programme, mais chacune de ses manœuvres pour ralentir ou empêcher la mise en place de ce gouvernement et ses avancées sociales a de fortes chances de se transformer en autant de coups de colère populaires et avoir l’effet inverse de relancer ou amplifier la mobilisation et la réalisation du vrai Front populaire, celui d’en bas, celui de la grève générale.
Cela fait un mois que nous sommes entrés dans une période mouvementée. Ça va continuer. Mais nous avons gagné la première étape défensive, empêcher l’extrême-droite d’arriver au pouvoir. Nous entrons dans une deuxième étape plus offensive, reprendre tout ce qu’ils nous ont volé et construire un monde meilleur. Nous étions le dos au mur. Ce sont maintenant eux qui sont le dos au mur. Poussons encore un peu, c’est à notre portée, nous avons un monde à gagner.
Jacques Chastaing 9 juillet 2024

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