Après les annonces sur le détroit d’Ormuz, le cours du pétrole décroche et les bourse s’emballent

L’annonce par l’Iran de la réouverture du détroit d’Ormuz a eu son effet immédiat sur le prix du pétrole qui chute de 10 %.

Les marchés s’emballent, après l’annonce par l’Iran ce vendredi que le détroit d’Ormuz est entièrement ouvert pour la durée restante du cessez-le-feu (Illustration).

MICHAEL M. SANTIAGO / Getty Images via AFP
Les marchés s’emballent, après l’annonce par l’Iran ce vendredi que le détroit d’Ormuz est entièrement ouvert pour la durée restante du cessez-le-feu (Illustration).

La nouvelle était attendue avec impatience par les marchés. L’Iran a annoncé la réouverture totale du détroit d’Ormuz aux navires commerciaux, ce vendredi 17 avril. Cet étroit passage, par lequel transite d’ordinaire un cinquième du pétrole et du gaz consommés dans le monde, était verrouillé par l’Iran depuis le début du conflit, qui y a instauré de facto des droits de passage. Sa fermeture avait alimenté ces dernières semaines les craintes d’un choc énergétique global.

« C’est la bonne nouvelle de ce vendredi », et c’est « une première depuis le début du conflit », relève Kathleen Brooks, analyste pour XTB. Les marchés ont immédiatement réagi. En quelques heures, les Bourses ont rebondi, le pétrole a chuté et les investisseurs ont changé de ton. « C’est un coup de pouce massif » pour les marchés qui est « perçu comme un apaisement considérable des tensions » dans la région, résume Neil Wilson, analyste pour Saxo Markets.

Premier effet visible : le prix du baril plonge. Le baril de Brent de la mer du Nord, référence mondiale, baissait à 17h45 de 9,3% à 89,10 dollars, quand son équivalent américain, le WTI, perdait 10,6 % à 83,20 dollars, effaçant une partie de sa récente flambée liée aux tensions au Moyen-Orient. Les traders réévaluent immédiatement le risque de pénurie : moins de blocages signifient plus d’offres disponibles, donc une pression à la baisse sur les prix.

Pour les consommateurs, l’effet pourrait se faire sentir plus tard à la pompe, avec un potentiel ralentissement de la hausse des carburants, voire une baisse progressive si la stabilité se confirme.

Les Bourses en mode « remontada »

Sur les marchés actions, la réaction est toute aussi rapide. À Paris, le Cac 40 a cloturé en hausse de 2 % à 8422 points, tandis qu’à New York le Dow Jones a ouvert en hausse de plus de 2 %. La perspective d’un pétrole moins cher agit comme un levier positif sur les marges des entreprises et donc sur leurs valorisations.

Dans ce type de configuration, les marchés réagissent souvent en chaîne : la baisse du pétrole est suivie d’une baisse des coûts, elle-même suivie d’une amélioration des perspectives de bénéfices et donc enfin une hausse des indices. « L’optimisme continue de gagner du terrain » sur les marchés, résume Kathleen Brooks.

Depuis le début du cessez-le-feu le 8 avril dernier entre Téhéran et Washington, les marchés, qui avaient connu de fortes secousses durant tout le mois de mars, faisaient déjà le pari d’un apaisement de la situation du conflit au Moyen-Orient. Les pertes des dernières semaines avaient d’ailleurs déjà largement été rattrapées depuis le début de la trêve, particulièrement aux États-Unis.

La prudence est toujours de mise

Seul grand perdant de la séquence : le dollar, monnaie internationale du marché pétrolier et qui avait largement profité du conflit. Il cédait jeudi 0,47 % face à la monnaie unique européenne, à 1,1837 dollar pour un euro.

Pour autant, les analystes restent prudents. La situation au Moyen-Orient reste dépendante d’équilibres politiques instables, et les conditions de navigation pourraient évoluer rapidement. Car en parallèle de l’annonce de cette réouverture du détroit, Donald Trump a de son côté affirmé maintenir le blocus contre les ports iraniens jusqu’à ce qu’un accord soit trouvé. Et Benjamin Netanyahu a souligné qu’Israël n’a « pas encore fini le travail » contre le Hezbollah.

Et quand bien même la situation resterait stable, un retour à la normale n’est pas pour demain. Car « même si le détroit d’Ormuz venait à rouvrir, il faudrait plusieurs mois avant que la situation ne revienne à la normale », prévenait Arne Lohmann Rasmussen de Global Risk Management dans Le Figaro.