Opérations dites “coups de poing” à Bordeaux : entre opérations de communication et renforcement des politiques répressives.
C’est toujours pareil. Quand elle est au pouvoir, la gauche a démontré quasi systématiquement sa facilité à se droitiser. Au contraire la droite au pouvoir ne se gauchise jamais. Elle reste bien à droite, d’autant plus facilement que la gauche avant avait droitisé à la fois le discours et les actes politiques.
Depuis le retour de la droite à Bordeaux (si on considère qu’elle n’était plus là depuis 2020), la nouvelle mairie multiplie des opérations de communication au travers de visibilisations et de démonstrations policières : dans les quartiers, dans les transports et cette semaine en ciblant plus particulièrement un lieu réputé dangeureux aux Capucins.
La mairie fait passer le message comme quoi elle va “nettoyer” la ville, remettre de l’ordre face aux trafics de drogue et aux violences qui vont avec. Déploiement des forces de police, discours musclés, à la Sarkozy, genre shérifs et western… qui ne changera rien à part renforcer un climat sécuritaire et répressif qui se retournera contre une grande partie de la population, par exemple les plus précaires.
Ces gesticulations contribuent à dévier le problème et à cacher l’incapacité des pouvoirs à lutter contre les violences de la société que sont la pauvreté, la précarité, les inégalités et injustices sociales tout comme les exploitations et oppressions multiples.
Bon c’est vrai, logiquement, le pouvoir qui défend une telle société fondée sur la domination des riches sur les pauvres ne va pas combattre les conséquences. Au contraire, plus il y aura d’inégalités, plus il y aura de tensions sociales et de risques de violences liées à la misère, plus les défenseurs de l’ordre renforceront les politiques répressives. Un cycle infernal.
Les questions sociales, les urgences sociales, le combat contre la pauvreté et la précarité, la défense des droits pour toutes et tous, à la santé, au logement, à s’alimentea se déplacer, à se cultiver… tout cela n’est jamais mis en avant, dans les priorités.
Reste que c’est aux habitant-es de le faire, en se mobiliser pour, en ne laissant pas faire les politiques nocives, en prenant la parole et en agissant collectivement, en prenant nos affaires en mains.
Les élections ne règlent rien, la démocratie c’est quand on se mêle de nos affaires au quotidien, c’est le pouvoir de décider directement dans les quartiers.
Y a du boulot.
Illustration : à Bordeaux, en 2025, mobilisation dans les écoles pour l’accueil et le droit au logement.