A69 : le Conseil d’Etat valide l’autorisation environnementale

A69 : le Conseil d’Etat valide l’autorisation environnementale de l’autoroute entre Toulouse et Castres

Il s’agissait de la dernière chance pour les opposants de faire invalider par la justice administrative la légalité du chantier de l’autoroute, très contesté depuis le début pour ses impacts environnementaux.

Le Conseil d’Etat a validé, lundi 29 juin, l’autorisation environnementale de l’A69 entre Toulouse et Castres, contestée notamment par des écologistes, rendant définitive une décision de la cour administrative d’appel de Toulouse.

Dans un communiqué, « le Conseil d’Etat relève que le projet autoroutier A69 répond à quatre objectifs distincts : réduire le temps de trajet entre Castres et Toulouse, améliorer le cadre de vie des riverains, procurer un gain de sécurité routière et contribuer au développement de l’agglomération castraise ».

Pour l’institution, « ni l’aménagement du réseau routier existant, ni la mise à deux fois deux voies de l’actuelle route nationale 126, ni l’amélioration de la liaison ferroviaire ne constituent une “solution alternative satisfaisante” dès lors qu’aucune de ces options ne permet de répondre de manière aussi efficace que la liaison autoroutière aux quatre objectifs poursuivis ».

En février 2025, le tribunal administratif de Toulouse avait annulé les autorisations environnementales de l’A69, estimant que le projet ne répondait pas à une « raison impérative d’intérêt public majeur ». La cour administrative d’appel de Toulouse avait annulé cette décision en décembre 2025.

Le Conseil d’Etat a ensuite été saisi par des associations qui, comme certains scientifiques, dénoncent les destructions de zones humides, de terres agricoles, d’arbres, d’écosystèmes et de nappes phréatiques liées à la construction depuis 2023 de ce segment autoroutier de 53 kilomètres censé raccourcir d’une vingtaine de minutes le trajet entre Toulouse et Castres, qui nécessite aujourd’hui environ une heure et quinze minutes de voiture.

« Déni climatique »

Le collectif d’opposants à l’A69 La Voie est libre a aussitôt regretté lundi la décision de la plus haute juridiction administrative française : « C’est officiel, dans un monde qui brûle, le déni climatique est décrété par la plus haute sphère du pouvoir juridique », ont-ils fustigé dans un communiqué.

« La semaine où nous ressentons comme jamais les températures létales du mur climatique, le pire signal vient d’être envoyé par le Conseil d’Etat, incapable d’appliquer le droit face aux pressions du lobby politico-financier de l’A69. Ils valident le parfait emblème de notre fuite en avant », écrit encore ce collectif.

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Depuis le début des travaux en mars 2023, des opposants ont occupé des arbres pour éviter leur abattage, tenté d’installer des zones à défendre sur le tracé et organisé des rassemblements de milliers de personnes, parfois émaillés d’incidents violents avec les forces de l’ordre.

Des partisans de l’A69 se sont aussi fait entendre, notamment en manifestant en masse le 8 mars 2025 à Castres avec comme slogan : « A69, on finit ! ». Ils voient dans l’autoroute une solution de désenclavement du bassin de population de Castres-Mazamet, qui compte environ 100 000 habitants.

Or, pour les opposants, ce bassin n’est pas enclavé et, même s’il l’était, une autoroute ne serait selon eux certainement pas une garantie de désenclavement.

Le Monde avec AFP