HUIT ANS ET DEMIE PLUS TARD LE PROCES !

Communiqué de presse de Jérôme Rodrigues et de son avocat Maître Arié Alimi :

Le policier qui a lancé la grenade ayant conduit à la perte de l’œil de Jérôme Rodrigues sera enfin jugé devant la Cour criminelle de Paris du 28 juin au 2 juillet 2027.
Ce procès interviendra plus de huit ans et demi après les faits. Un délai d’une telle ampleur est exceptionnel. Il interroge la capacité de notre justice à apporter, dans un temps raisonnable, une réponse à des faits d’une gravité extrême. Durant près d’une décennie, Jérôme Rodrigues a vécu avec une mutilation irréversible, sans qu’aucune juridiction criminelle n’ait encore pu se prononcer sur les responsabilités pénales encourues. Une telle durée est, à elle seule, de nature à nourrir une réflexion sur l’effectivité du droit des victimes à obtenir justice dans un délai raisonnable.
Pour rappel, le 26 janvier 2019, lors de l’acte XI du mouvement des Gilets jaunes, alors qu’il était déjà une des figures parfaitement identifiées du mouvement, Jérôme Rodrigues recevait des éclats d’une grenade explosive GLI-F4 lancée à ses pieds par un policier, alors que la scène était parfaitement calme et sans péril.
Le policier sera jugé pour violences volontaires ayant entraîné une mutilation. Il encourt une peine de quinze ans de réclusion criminelle.
Depuis ces faits, Jérôme Rodrigues a été la cible de la Préfecture de police de Paris et du ministère de l’Intérieur.
Plusieurs fois interpellé et placé en garde à vue sans raisons, il n’a jamais fait l’objet d’une condamnation.
Les conséquences de cette mutilation ont été particulièrement lourdes puisqu’il n’a pu reprendre son travail de plombier en raison de sa mutilation.
À aucun moment, ni Emmanuel Macron, ni le préfet Lallement, ni Laurent Nuñez ne lui ont présenté des excuses alors même que sa vie a été bouleversée du fait d’un maintien de l’ordre brutal, d’un lancer de grenade illégal, et d’une grenade qui sera finalement retirée de l’arsenal du maintien de l’ordre par l’État français.
Au-delà de la responsabilité pénale individuelle qui sera examinée par la Cour criminelle, ce procès met également en lumière le temps exceptionnel qu’il aura fallu pour parvenir à cette audience. Pendant plus de neuf ans et demi, une victime lourdement mutilée a attendu que la justice puisse enfin examiner les faits devant une juridiction de jugement. Ce constat dépasse le seul cas de Jérôme Rodrigues : il interroge le fonctionnement de notre institution judiciaire lorsqu’il s’agit de connaître d’affaires mettant en cause des agents de la puissance publique.
Ce procès constituera le premier grand procès des violences policières et des violences judiciaires subies par les Gilets jaunes pendant tout le mouvement de contestation.
Il marquera une étape judiciaire majeure, non seulement pour Jérôme Rodrigues, mais également pour l’ensemble des victimes des violences commises pendant le mouvement des Gilets jaunes, qui attendent depuis des années que les responsabilités soient enfin débattues publiquement devant une juridiction pénale.