DERRIÈRE , LE RN SABOTE SYSTEMATIQUEMENT LES MESURES SERIEUSES ET GLOBALES DE LUTTE CONTRE LE RECHAUFFEMENT CLIMATIQUE ET D’ADAPTATION DE FOND AUX CHANGEMENTS DU CLIMAT
Outre la question de l’isolation sur laquelle le RN s’est opposé à des mesures urgentes , ses députés se sont abstenus sur un amendement visant à faciliter l’adaptation des bâtiments aux vagues de chaleur en accélérant l’installation de protections solaires extérieures (stores, volets, brise-soleil orientables) (législature 17, vote 2390) en dépit de l’efficacité et du faible coût de ces dernières. Ils ont aussi rejeté l’obligation de revêtements réflectifs sur les toitures (législature 16, vote 742), qui contribue pourtant aussi à rafraîchir les logements (Park et Lee, 2022). De plus, ils se sont opposés à intégrer les réseaux de froid renouvelable (à l’instar du réseau parisien, issue de l’eau de la Seine) (législature 17, vote 2565), dans la politique énergétique.
Quand il s’agit de soutenir la résilience des infrastructures face aux risques naturels, le RN est le plus souvent aux abonnés absents. En témoigne son rejet de plusieurs amendements sur l’adaptation des centrales nucléaires (législature 16, votes 1180, 1213, 1215 et 1216), des projets d’intérêt national majeurs (législature 16, vote 2480) et des installations classées pour la protection de l’environnement (ou ICPE, c’est-à-dire les exploitations industrielles ou agricoles susceptibles de créer des risques ou de provoquer des pollutions) (législature 16, votes 2483 et 2488
En outre, le groupe RN à l’Assemblée a voté contre l’obligation de mise en place de normes paracycloniques, anti-inondations et anti-incendies pour toutes les nouvelles constructions scolaires à Mayotte (législature 17, vote 2756). De plus, il s’est abstenu sur un impératif de résilience des infrastructures critiques pour la Défense (législature 17, vote 6292), ainsi que sur l’augmentation des financements du fonds de prévention des risques naturels majeurs (fonds Barnier) (législature 17, vote 3906), qui permet de financer les travaux réalisés par les particuliers et petites entreprises pour réduire la vulnérabilité de leurs habitations ou locaux.
Le RN s’est abstenu sur la création d’un nouveau programme de recrutement de pompiers professionnels (législature 16, vote 133) et a rejeté l’augmentation de la taxe touristique (législature 17, votes 302, 304 et 4074) et sur les assurances (législature 17, votes 4076 et 4114) visant à alimenter le budget des services départementaux d’incendie (SDIS).
Le RN s’est opposé à la modification des pratiques forestières pour limiter le risque de feux, à l’instar de l’installation de « pare-feux » constitués d’arbres feuillus entre les parcelles de résineux (législature 16, vote 1555) afin de ralentir la propagation des flammes, ainsi qu’à la lutte contre la perte des chemins forestiers nécessaires à la lutte contre les incendies (législature 16, vote 1545).
Le RN n’a pas soutenu certaines mesures visant à aider davantage les agriculteurs victimes d’aléas climatiques, comme le paiement de leur franchise d’assurance ou une meilleure prise en compte de la grêle (législature 16, votes 144 et 145).
Le RN s’est opposé à tous les amendements promouvant l’agroécologie (législature 16, votes 3749, 3777, 3779 ; législature 17, votes 6624, 6635, 6744 et 7087, 7115). Il a notamment rejeté l’intégration de ces pratiques dans la formation agricole et la recherche, et a voté contre leur développement lors de transmissions de terres (législature 16, votes 3831, 3836, 3855, 3803, 3861, 3887, 3888, 3932, 3933). Les députés d’extrême droite se sont aussi opposés à l’inclusion des acteurs de l’agroécologie dans les comités décidant des futurs projets agricoles des territoires (législature 17, vote 6740 et 6742). Sur les haies agricoles, qui jouent un rôle majeur (stockage du carbone, régulation de l’eau, préservation de la biodiversité, protection du bétail, lutte contre l’érosion), le RN a voté contre toutes les mesures de protection, alors qu’elles ont déjà quasiment disparu du paysage (législature 16, votes 3950, 3951, 3953).
Le RN s’est opposé à tous les amendements promouvant l’agroécologie (législature 16, votes 3749, 3777, 3779 ; législature 17, votes 6624, 6635, 6744 et 7087, 7115). Il a notamment rejeté l’intégration de ces pratiques dans la formation agricole et la recherche, et a voté contre leur développement lors de transmissions de terres (législature 16, votes 3831, 3836, 3855, 3803, 3861, 3887, 3888, 3932, 3933). Les députés d’extrême droite se sont aussi opposés à l’inclusion des acteurs de l’agroécologie dans les comités décidant des futurs projets agricoles des territoires (législature 17, vote 6740 et 6742). Sur les haies agricoles, qui jouent un rôle majeur (stockage du carbone, régulation de l’eau, préservation de la biodiversité, protection du bétail, lutte contre l’érosion), le RN a voté contre toutes les mesures de protection, alors qu’elles ont déjà quasiment disparu du paysage (législature 16, votes 3950, 3951, 3953).
L’adaptation de l’agriculture au changement climatique n’est donc pas une priorité pour le RN. Le groupe refuse tout changement structurel du modèle agricole. Il s’est par exemple opposé à l’inclusion de l’évaluation de la santé des sols dans les diagnostics de résilience (législature 16, votes 3920 et 3921), alors qu’un sol en bon état atténue les chocs climatiques et doit être au cœur de l’adaptation de long terme du modèle agricole.
Le RN, allié numéro 1 des méga-bassines. Quand il s’agit de partager l’eau, le RN favorise les grands industriels et exploitants agricoles au détriment de l’environnement. Un vote l’illustre : le groupe d’extrême droite a défendu un amendement qui donne davantage de poids aux considérations économiques et d’emploi dans la gestion de l’eau, subordonne la gestion de l’eau aux seules considérations économiques et d’emploi, reléguant l’environnement au second plan (législature 17, votes 6803 et 6832). Cette logique se confirme par une série de votes (législature 17, vote 6587, 6590, 6597 et 6838). Le RN a par exemple rejeté l’intégration de la préservation de la ressource en eau dans la stratégie industrielle nationale et soutient une fiscalité avantageuse pour les entreprises les plus consommatrices d’eau (législature 16, votes 2373 et 2379 ; législature 17, vote 3869). Sujet sensible : sur les data centers, infrastructures clés du développement de l’intelligence artificielle et très consommatrices d’eau, le RN s’oppose à toute contrainte lors de leur implantation, même dans des territoires qui connaissent des pénuries d’eau (législature 17, votes 2109, 2111, 2112, 2113 et 2123).
Concernant l’agriculture, le RN défend un modèle favorisant aussi les gros exploitants agricoles. L’exemple d’une fiscalité tournée vers les gros irrigants l’illustre (législature 17, vote 5082). Mais c’est surtout visible sur les méga-bassines, ces retenues d’eau qui pompent souvent dans les nappes et qui ne bénéficient qu’à une poignée d’exploitants irrigants. Sans surprise, le RN est systématiquement pour (législature 16, votes 3102 et 3787 ; législature 17, votes 6778, 6802, 6810, 6823 et 6835). Le groupe d’extrême droite va jusqu’à les présenter comme la solution idéale pour adapter l’agriculture au changement climatique (législature 17, votes 6806 et 6809). Une vision contredite catégoriquement par les scientifiques, qui notent que ces projets sont porteurs de risques majeurs de maladaptation : ils permettent aux exploitants d’éviter de transformer leurs pratiques, qui demeurent gourmandes en eau. Pire, ces méga-bassines pourraient être de moins en moins efficaces : les faibles niveaux d’eau dans les nappes phréatiques, même en hiver, ne permettent pas de remplir ces bassines dans le futur.
Sur l’artificialisation, le RN vote systématiquement pour assouplir les règles ou contre toute nouvelle mesures visant à la limiter (législature 16, votes 1991 et 2046 ; législature 17, votes 41, 1354, 1355, 1356 et 7097). Il a par exemple voté pour adapter les règles aux contextes locaux, permettant aux régions en forte croissance démographique de continuer à artificialiser (législature 16, vote 1955). Le RN a aussi été le seul à s’opposer à la restauration d’espaces naturels gérés par l’armée (législature 16, vote 1679). Sur cet enjeu de restauration de la nature dans des espaces autrefois artificialisés, le RN a voté contre un amendement sécurisant cette pratique (législature 16, vote 1998). Cette position en faveur de l’artificialisation des terres s’étend aux data centers, infrastructures clés pour l’intelligence artificielle qui contribuent à réduire les terres agricoles et bétonnent les sols. C’est simple, le RN s’oppose à toute limitation de leur installation, même sur des zones actuellement non artificialisées (législature 17, votes 1522, 2108, 2110 et 2121).
Dans cette dynamique d’imperméabilisation, les zones humides sont les grandes perdantes. Réduites de moitié entre 1960 et 1990, la majorité des zones restantes sont dégradées. Or elles jouent un rôle crucial pour nous adapter au changement climatique : elles réduisent les risques d’inondation en absorbant l’excès d’eau lors des crues et stockent de l’eau pouvant être restituée lors des sécheresses. Le RN s’oppose systématiquement à leur protection (législature 17, votes 6841). Par exemple, le groupe de Marine Le Pen a voté contre un amendement appelant à utiliser les zones humides pour mieux gérer les risques d’inondation (législature 17, vote 6644). Le coup de grâce pour les zones humides est venu avec la loi d’urgence agricole. Le gouvernement a proposé d’affaiblir les compensations exigées aux porteurs de projet impactant une zone humide déjà dégradée. Celles-ci sont considérées comme non restaurables, alors que les scientifiques disent le contraire (Meli et al., 2014) et que le droit européen impose pourtant de restaurer 30% des zones humides dégradées d’ici à 2030. Le RN a soutenu cet assouplissement (législature 17, votes 6842, 6845, 6847 et 6849).
(Extraits de Bon Pote : https://bonpote.com/comment-le-rn-sabote-ladaptation…/
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