Pedro Sánchez a dénoncé, ce samedi l’égoisme de l’UE

Après les critiques sur Ceuta, Pedro Sánchez réplique face aux Européens qui l’ont lâché

Le dirigeant socialiste espagnol a adressé une lettre offensive aux dirigeants de l’UE. Il déplore notamment une attitude « contraire » au principe de solidarité dans l’Union.

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OSCAR DEL POZO / AFP
Dans une lettre offensive, le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez a dénoncé, ce samedi 1er août, l’attitude « égoïste » de certains pays de l’Union européenne face à la crise migratoire dans l’enclave espagnole de Ceuta.

Face aux prises de position de l’Italie, de la Finlande ou encore du Danemark, Pedro Sánchez hausse le ton. Le Premier ministre espagnol a dénoncé, ce samedi 1er août, l’attitude « égoïste » de certains pays de l’Union européenne dans le contexte de la crise migratoire que vit l’enclave espagnole de Ceuta, en Afrique du Nord.

« Une telle attitude – motivée par les préjugés, les fausses informations, l’ignorance ou des intérêts politiques – est non seulement contraire au droit européen, au droit humanitaire et aux principes de solidarité qui nous unissent, mais elle va également à l’encontre des intérêts à long terme de l’Europe », a-t-il écrit dans une lettre offensive adressée aux chefs des institutions européennes et consultée par l’AFP.

Le dirigeant socialiste, dont le gouvernement défend une approche ouverte en matière migratoire, à contre-courant de nombreux autres pays européens, réclame aussi une réunion en visioconférence des ministres de l’Intérieur des 27.

Dès jeudi, l’Italie avait annoncé vouloir suspendre l’Espagne de l’espace Schengen, une mesure pour laquelle Rome avait ensuite obtenu le soutien de la Finlande et du Danemark. Dans la foulée, Madrid s’était insurgée de cette proposition « démagogique ». Et qui, rappelons-le, n’est pas applicable.

Au moins 67 migrants sont morts dans la crise

L’Italie a dans le même temps rétabli, depuis samedi, des contrôles aux frontières aériennes et maritimes avec l’Espagne (uniquement pour les ressortissants extracommunautaires en provenance d’Espagne), et la France a multiplié par cinq le nombre de policiers et gendarmes en renfort à la frontière franco-espagnole, en pleines vacances estivales.

Dans ce contexte tendu, le chef du gouvernement espagnol avait déjà appelé vendredi les autres pays de l’UE à « ne pas se diviser ».

Dans un point presse depuis Ceuta, ce samedi 1er août, le ministre espagnol de l’Intérieur a par ailleurs assuré que la situation était « quasiment » revenue à la normale dans l’enclave. « Presque » tous les migrants arrivés ces derniers jours sont rentrés au Maroc, a affirmé Fernando Grande-Marlaska dans la matinée.

« La crise ne peut évidemment pas être considérée comme terminée (…) mais nous disons que l’évolution est très importante », a souligné le ministre espagnol de l’Intérieur.

Mais le bilan de cette crise migratoire reste lourd. Au moins 67 personnes sont mortes en essayant d’entrer dans l’enclave espagnole dans le nord du Maroc, selon les derniers chiffres du gouvernement espagnol. Fernando Grande-Marlaska a évoqué des « événements tristes, dramatiques ».