Nul ne saura jamais, dans vos vestiaires de gardes mobiles ou de CRS, ce que vos chants ou vos rires, auront pris pour cible : des lycéens, des étudiants, des gosses encore, debout derrière une grille, le poing levé.
Laissons chanter les soudards de Sainte Soline aux quartiers de Saint Denis.
Nous aussi, avons notre hymne qui vous pètera à la gueule aussi fort que vos LBD.
Dérisoires vocalises lorsqu’elles montent d’une seule gorge, mais redoutables à cent ou deux cents voix, tout un lycée dressé derrière ses portes, jusqu’à faire trembler les murs et reculer le silence.
Prends garde, soudard.
Prends garde que ton armure ne craque, non sous les pavés ni sous les coups, mais sous la honte d’avoir levé la main sur tes propres enfants.
Car sous la cagoule d’en face, derrière les yeux rougis par les lacrymo, rien ne te permet plus de discerner ta fille de celle du voisin, ton garçon de celui d’un autre.
Seulement des silhouettes.
Seulement des poings levés.
Et peut-être, un jour, au milieu de cette foule que tu cognes, le visage de ton propre enfant.