L’extrême droite au tribunal, 170.000€ réclamés à Marine Le Pen, Charles Sapin…

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25 sept. 2026

In Extremis
In Extremis : la newsletter sur les extrêmes droites
vendredi 25 septembre 2026
Voici le nouveau numéro d’In Extremis ! Tous les quinze jours, vous retrouverez dans notre newsletter une sélection d’articles de Mediapart et des contenus inédits pour casser la vitrine de la « normalisation ».

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La chronique
Les violences de l’extrême droite, la justice et la société
Par Matthieu Suc, journaliste au pôle enquête de « Mediapart »
Lorsqu’un avocat des parties civiles fait remarquer à Loïk Le Priol que ses codes sur internet comportent à chaque fois une référence à Adolf Hitler, la réponse de l’accusé fuse : « Et pourtant, la procédure n’est pas raciste. » Ses propres avocats le martèlent à raison : à aucun stade de la procédure, la circonstance aggravante à raison d’un mobile raciste ou idéologique n’a été retenue. Loïk Le Priol n’a pas tué Federico Martín Aramburú parce qu’il était argentin.

« L’enquête que l’on conduit n’a pas permis d’établir de liens entre l’extrême droite et les faits. La problématique, c’est l’alcool et l’ego », a expliqué à la barre un commissaire de la brigade criminelle qui a reconstitué minute par minute la soirée du 19 mars 2022. Tour à tour, les accusés principaux, Loïk Le Priol et Romain Bouvier, ont été mis face à leurs contradictions sans que leurs familles respectives ne viennent tempérer l’impression désastreuse laissée par leurs fils.

La cour d’assises rendra son verdict le 25 septembre. En revanche, les trois semaines d’audience ont déjà délivré un premier enseignement : si l’assassinat de l’ancien rugbyman n’a pas de mobile raciste, il s’est nourri de la violence politique dans laquelle ont baigné les accusés, trois d’entre eux ayant milité au Groupe union défense (GUD), groupuscule d’extrême droite radicale plusieurs fois dissous.

Loïk Le Priol et Romain Bouvier, qui ont fait feu chacun à leur tour sur Federico Martín Aramburú, ont déjà été condamnés pour avoir tabassé avec d’autres membres du GUD leur ancien chef, qui en ressortira avec une triple fracture et 21 jours d’incapacité totale de travail. Anecdotique au regard des faits jugés mais révélateur d’une violence politique banalisée au sein de cette mouvance, en lien avec le Rassemblement national (RN).

Les conseils des parties civiles ont révélé au cours des débats une vidéo dans laquelle les trois accusés anciens gudards s’entraînent dans un stand de tir clandestin. L’un d’eux fait feu au fusil-mitrailleur sur des cibles d’un genre particulier : les affiches électorales de Rachida Dati. « Pourquoi on tire sur des candidats ? Est-ce qu’il n’y a pas une signification ? », a demandé le président de la cour d’assises. « Absolument pas », a répondu Loïk Le Priol.

En 2022, cinq personnes ont été abattues par des militants d’extrême droite. Toutes les victimes avaient des origines étrangères, kurdes, hispano-marocaines ou argentines. Et tous les auteurs avaient tiré sur des individus désarmés… En cette nouvelle année d’élection présidentielle, le public ne s’y trompe pas. Et se presse en masse au procès, par curiosité pour l’institution judiciaire, mais aussi par inquiétude pour l’avenir.

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Notre émission spéciale
Par À l’air libre
Qui sont celles et ceux qui facilitent la montée de l’extrême droite ? Qui s’en accommodent ? Qui en tirent profit ? Discussion entre Emmanuel Marre, réalisateur du film « Notre salut » qui sort en salles le 30 septembre, Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, et Johann Chapoutot, historien et auteur de « La Bascule ».
À ne pas manquer
En proposant d’instaurer la préférence nationale dans l’attribution des logements sociaux et de supprimer la loi SRU, la candidate du Rassemblement national a remis en avant deux des lubies de l’extrême droite. Sur le terrain, les élus des villes populaires dénoncent un projet discriminatoire qui va aggraver la pauvreté.
Riposte
Par Ellen Salvi
C’est un fait que les cris d’orfraie des défenseurs de Charles Sapin ont rapidement couvert, mais qui n’en demeure pas moins notable : la mobilisation des salarié·es de Radio France opposé·es à l’arrivée d’une voix d’extrême droite sur l’antenne publique a porté ses fruits. Après un mois de conflit, le directeur adjoint de Valeurs actuelles a lui-même confirmé se retirer de France Inter, se posant d’emblée en martyr de la liberté d’expression.

Nombre d’égaré·es de la politique, pour qui la lutte contre l’extrême droite est devenue un gros mot, lui ont emboîté le pas, pour dénoncer à leur tour le « sectarisme » (l’eurodéputé Les Républicains François-Xavier Bellamy) de cette bande de « gauchiasses » (9 457 comptes anonymes sur X) confinant au « totalitarisme » (l’éditorialiste du Figaro Guillaume Tabard). Saluons au contraire une victoire de celles et ceux qui ne se résignent pas.

Les extrêmes droites sous enquête
Par Antton Rouget, Marine Turchi
Selon des informations de « Mediapart », la direction générale financière du Parlement européen demande le recouvrement de 168 997 euros à la candidate du RN, en raison d’irrégularités dans son usage de fonds publics lorsqu’elle était eurodéputée.
Derrière nos écrans
Par Youmni Kezzouf
Erik Tegnér a trouvé son filon. Le président du magazine d’extrême droite Frontières, multicondamné pour les outrances de son titre, lance un nouveau média avec la bénédiction de Vincent Bolloré. Non content d’héberger quotidiennement sur CNews les jeunes journalistes de Frontières, le milliardaire breton a acquis 25 % du média, pour lui permettre de lancer L’Infiltré, une lettre hebdomadaire soi-disant basée sur le modèle du Canard enchaîné ou de Mediapart.

Depuis trois semaines, Erik Tegnér est donc omniprésent dans l’écosystème médiatique d’extrême droite pour promouvoir son nouveau jouet. Un plan com’ nourri par une promesse de révélation fracassante : donner les sources de Libération au RN. Cette inquiétante conception du journalisme – dont l’un des piliers repose précisément sur le secret des sources – donne un aperçu de la façon dont le nouveau média de la bollosphère souhaite peser sur la présidentielle.

« Le nom de cette taupe sera publié », se réjouit aujourd’hui Erik Tegnér, assurant avoir la bénédiction de Sébastien Chenu pour ce faire. Sur CNews, le vice-président du RN a d’ailleurs lui-même assuré qu’il demanderait l’exclusion de cette fameuse « taupe »… oubliant un peu vite qu’il avait lui-même été recadré par Jordan Bardella en 2024 en raison de ses bavardages incessants avec des journalistes, comme l’avait révélé Le Journal du dimanche.

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