Non à la suppression du rap au festival Musik à Manosque

lettre de la jeunesse au maire de Manosque et à son conseil municipal

La censure et l’interdiction de la culture ne fera jamais reculer personne, au contraire entraver à la liberté du peuple en l’interdisant de participer à des événements officiels ne fera que faire élever nos voix ! Je reprend les mots du communiqué de La Marmite écrits dans leur pétition pour rétablir le programme rap : « Le droit à la parole, à l’écoute et à la culture ne se censure pas. À la suite des légitimes revendications des lycéens manosquins qui demandent simplement des conditions d’étude dignes (classes surchargées, manque de professeurs, locaux inadaptés aux fortes chaleurs dues au réchauffement climatique, stress des programmes), la municipalité a fait le choix du mépris et de l’escalade : l’annulation de la soirée rap du festival Musiks à Manosque .Officiellement, cette décision est présentée comme une « sanction collective » face à des tensions. Officieusement, les citoyens et la jeunesse de Manosque ont compris la manipulation : cette annulation sert de prétexte politique et d’écran de fumée pour masquer une mauvaise gestion et des lacunes budgétaires de la mairie, tout en rejetant la faute sur les lycéens. Pour étouffer cette vérité, la municipalité a même choisi de censurer et de supprimer les messages de débat sur ses réseaux officiels.Utiliser les jeunes comme boucs émissaires pour masquer des choix budgétaires et refuser le dialogue est inacceptable. Une ville qui sacrifie sa culture, censure sa population et tourne le dos à sa jeunesse sacrifie son propre avenir. » Vous vous dites être contre les fêtes, les rave party illégales, où la jeunesse et même les plus vieux trouvent refuge, vous voulez stopper les événements clandestins comme ceux-ci, que proposez vous donc en retour alors si vous vous mettez à interdire les événements officiels ? Vous vous plaignez que le peuple se révolte, casse et brûle car il en à MARRE du système opressif dans lequel il vit, c’est comme cela que leur frustration face à vos interdictions à foison s’exprime. En supprimant un programme destiner à faire sortir et bouger la jeunesse, vous vous destinez à subir encore plus de leur rage, leur frustration finira encore plus dans des actes de casse et des actes pyromanes. De plus, supprimer uniquement la programmation rap du festival Musiks à Manosque est digne d’un mépris de classe sans nom. Que voulez-vous donc souligner par le choix de supprimer ce programme uniquement ? Que le rap n’est destiné qu’aux jeunes ? Que la jeunesse ne sait pas apprécier autre type de musique ? Peut-être car le rap est l’un des mouvements musical qui reflètent le plus dans ses textes, et ce depuis plus de 30 ans, les galères des jeunes, des textes à contre-courant auxquels ils peuvent s’identifier ! Les jeunes auditeurs de rap d’hier sont les adultes d’aujourd’hui qui prennent la parole ! Mais nous savons qu’au fond, interdire le rap est lié à un profond mépris de classe bien enraciné dans vos têtes. Je souligne également que cette soi- disant « punition » est une pure infantilisation de la jeunesse ! Votre haine infantile est immonde. Leur apprendre la vie ? Leur apprendre que l’argent ne tombe pas du ciel ? Ne pensez-vous pas qu’ils le savent déjà ? Ne pensez- vous pas que nombres de manosquins et jeunes des alentours ne vivent pas dans des familles qui galère à aligner les fins de mois ? Je le sais que les petites communes de campagnes ne sont pas non plus riches ; cependant les revendications des lycéens, du peuple sont légitimes. Oui, les insoumis se désolidarisent de la casse, cependant si vous voulez nous faire payer, et je parle pour le gouvernement, il faut se préparer à entendre et écoutez nos voix, notre soif d’un monde meilleure et d’une justice meilleure. Vous êtes prêts à défendre corps et âmes quelques poubelles brûlées et quelques casses, mais pas à défendre les adolescents des campagnes ? Résolvez d’abord les problèmes de fond, avant de vous attaquer à la jeunesse et à leur famille. Sérieusement, cette entrave à l’accès de la culture est une honte ! Comme l’a dit le groupe et collectif La Marmite, vous utilisez le rap quand ça vous arrange. Vous êtes fiers d’inviter et d’attirer du monde en proposant des grands noms, mais dès que vous pouvez les faire tomber vous le faites. « L’hypocrisie est un vice privilégié, qui, de sa main, ferme la bouche à tout le monde, et jouit en repos d’une impunité souveraine. », comme l’écrit Molière au 17ème siècle dans la comédie de Don Juan. Oui, j’appelle cela de la censure, de la censure culturelle même, et nous le savons la censure n’a jamais été une bonne mesure. Et nous allons lutter contre cette censure, car elle est notre ennemie politique. Nous sommes peut-être des jeunes de campagnes simplets comme vous aimeriez le penser, mais tout comme les jeunes de banlieues que vous vous amusez sûrement aussi à discréditer, nous regorgeons de savoir, de valeurs, de liberté d’expression, et nos voix doivent être entendues. Nous savons que vous vous dites entre vous que la jeunesse ne connais rien de la vie et qu’elle devrait se sortir les doigts du cul. Et bien elle le fait, et vous n’êtes pas contents ?! Non vous aimeriez qu’elle devienne de bons toutous comme vous. Cela n’arrivera pas. Si vous êtes tombés sous la propagande de monsieur le maire, réveillez vous, il est encore temps d’ouvrir les yeux et de ne pas se laisser marcher dessus. Les manosquins, leur familles, leurs amis, ne doivent pas payer pour les conséquences des actes d’une extrême minorité de casseurs, vous privez la majorité des manosquins et manosquines d’un moment en famille. Pour revenir à la pétition, voici encore quelques mots et demandes du collectif La Marmite : « Par cette pétition, les citoyens, parents, enseignants et jeunes de Manosque exigent collectivement : 1. La transparence totale sur les réalités budgétaires affectant le festival Musiks à Manosque .Le rétablissement immédiat d’une offre culturelle et musicale dédiée à la jeunesse manosquine.L’ouverture d’un véritable dialogue, respectueux et sans intermédiaire, entre les élus et les représentants des lycéens pour traiter les urgences de nos établissements.L’arrêt définitif de la censure sur les espaces d’expression de la commune. Déjà que notre departement est en galère avec le partage musical, nous le voyons par exemple avec les difficultés que rencontre l’association Le Ka, avant nommé Le Kfé Quoi, il est impératif aujourd’hui de permettre à la campagne d’accéder à plus de culture et plus d’événements musicaux. Je dénonce donc aujourd’hui une répression et une opression scandaleuse qui nous est imposée par le système et le gouvernement. Je me répète, mais priver l’entièreté de la commune et des communes alentours d’une fête dont ils se réjouissent chaques années est une honte. Nous n’avons pas à payer des dégâts causés par quelques casseurs. Manosque est libre, Manosque est expressive. La preservation de l’accès à la culture est primordiale.

June