Ultra violents et faussaires

Selon sa mère, Eden, le gamin de 14 ans fusillé mardi presque à bout portant (double fracture, 20 dents perdues), lui avait téléphoné qq minutes avant, apeuré, l’appelant au secours.
Selon ses camarades cités par le media Loopsider, il était en cours ce matin-là, et resté à l’écart du mouvement, ne sortant que brièvement à 10h30 pour filmer. Confirmant le témoignage d’une prof dans « Le Parisien », la la vidéo publiée par Loopsider ( 7 millions d’abonnés) le montre effectivement assis à l’écart, sur un muret, en train de filmer, et plus tard tiré par le bras par un policier qui ensuite le bouscule, puis lui donne un coup de matraque, ce qui génère un triste réflexe pavlovien de l’ado, assez visiblement recherché: coup de pied, visiblement maladroit et mal assuré. Peu après, une vidéo de la scène, coupée pour débuter au coup de pied coupable, commence à tourner.
L’épisode succède à une autre vidéo, révélée la veille à 15h47 par Europe1, amputée elle aussi de ses 1ères secondes, celles où le maire de Saint-Denis écarte une poubelle incendiée de l’enceinte du lycée de sa commune, puis est happé par les lycéens qui le félicitent de ce geste, la vidéo coupée faisant croire qu’ils fêtent au contraire le feu (résiduel) dans la poubelle.
Le mouvement lycéen débuté discrètement à Créteil une semaine plus tôt, est entré le lendemain mardi, aux dépens d’Eden et du maire de St Denis, dans le trop classique cycle « répression/mobilisation/répression »… mais dans un nouveau monde que le sociologue Gérald Bronner décrit comme celui de « la post-réalité ».
Deux versions d’un même document, de longueurs différentes, servent à chacun des 2 camps pour un récit inverse de l’autre. Et deux fois en 2 jours: la poubelle de Saint-Denis puis le tir a bout portant du lendemain, dans le 95. Dans les 2 cas, c’est le récit truqué (lycéens incendiaires et agresseurs) qui dégaine le 1er.
Les plus extrémistes de chaque camp vont y voir non seulement la justification de la violence constatée mais d’encore plus de violence future 😭.
On est à mille lieux du « plus jamais ça » des banderoles pacifiques du lendemain de la mort de Malik Oussekine en décembre 1986… Lui non plus ne participait pas au mouvement. Décès dramatique, mais sans incidents ultérieurs, les circonstances ayant été décrites par un témoin oculaire, sans tarder, dés le journal de 13 heures de France2, juste après