Selon une enquête de Mediapart publiée ce jeudi 16 avril, l’eurodéputée : téléphone géolocalisé, déplacements retracés sur plusieurs mois – y compris bien avant l’ouverture de l’enquête –, consultations de fichiers, analyse minutieuse de ses trajets, parfois jusqu’aux rues empruntées.
Tout cela pour une enquête ouverte pour « apologie du terrorisme », sur la base d’un tweet publié le 26 mars. Plutôt que de la convoquer simplement, les autorités ont choisi de la pister, méthodiquement, massivement, en mobilisant des outils normalement réservés à des affaires autrement plus graves. Rien ne justifie une telle intrusion, ni dans sa vie privée, ni dans l’exercice de son mandat.
Et comme si cela ne suffisait pas, cette affaire s’accompagne de l’accusation publique de détention de drogue de synthèse. Relayée dans les médias en un rien de temps, confortée par le parquet, elle s’est révélée totalement infondée – les analyses, négatives, étaient connues dès le 4 avril, mais n’ont été rendues publiques que plusieurs jours plus tard. C’est seulement le 9 avril que le parquet a classé sans suite cette enquête. Entre-temps, le soupçon a circulé, salissant durablement l’image de l’élue.
Pour rappel, les articles mensongers sont, eux, toujours en ligne – à commencer par celui vomi par Le Parisien, cette feuille de chou sous perfusion oligarchique, dont la vérification des faits capitule dès que se présente l’occasion de salir l’opposition. Sans oublier BFMTV et CNEWS, et tous les autres égouts cathodiques drapés dans le costume de l’info, larbins vissés aux fauteuils des puissants.
Surveillance intrusive, communication trompeuse, atteinte à la réputation… Comme le dénonce son avocat, rien ne justifie une telle débauche de moyens ni une telle disproportion. Une question demeure : jusqu’où peut aller l’appareil d’État lorsqu’il s’agit d’intimider et de discréditer les opposants ?
Source : Mediapart
Pour rappel, Louis Sarkozy, qui avait appelé à « brûler l’ambassade d’Algérie » n’a pas été inquiété plus que cela, la plainte qui le visait a été classée sans suite.