La jeunesse face aux CRS

FACE À FACE : LA JEUNESSE ET L’ORDRE PUBLIC
LE CRS : Reculez, mademoiselle. Dernier avertissement.
L’ÉTUDIANTE : Sinon quoi ? Vous allez me matraquer jusqu’à ce que je sois d’accord avec vous ?
— Je fais mon travail.
— C’est fou le nombre de saloperies qu’on peut justifier avec cette phrase.
— Vous troublez l’ordre public.
— Non. Je trouble la tranquillité de ceux à qui vous obéissez. C’est différent.
— Vous avez vingt ans. Vous ne connaissez rien à la vie.
— Et vous, vous avez quel âge pour avoir déjà renoncé à réfléchir ?
— Faites attention à ce que vous dites.
— Pourquoi ? Les mots aussi sont devenus dangereux ?
— Vous devriez être en cours plutôt que dans la rue.
— J’y étais. Jusqu’à ce que je comprenne qu’on nous apprend la liberté dans des manuels pendant que vous venez nous expliquer ses limites à coups de matraque.
— La République a des lois.
— Et des principes. Vous avez gardé les lois et perdu le mode d’emploi des principes.
— Vous vous croyez courageuse ?
— Non. J’ai peur. Vous avez un casque, une armure, une matraque et toute une hiérarchie derrière vous. Moi, j’ai vingt ans et une paire de baskets.
— Alors pourquoi vous ne reculez pas ?
— Parce que si ma génération commence à baisser les yeux à vingt ans, BORDEL, QU’EST-CE QU’IL LUI RESTERA À CINQUANTE ?
— …
— Vous savez ce qui me fait le plus peur chez vous ?
— Quoi ?
— Ce n’est pas votre matraque.
— C’est quoi, alors ?
— C’est que vous ayez fini par croire qu’obéir vous dispensait de penser.
Silence.
LE CRS : Circulez.
L’ÉTUDIANTE : Je circulerai quand vous aurez compris une chose.
— Laquelle ?
— UNE JEUNESSE QUI FERME SA GUEULE N’EST PAS UNE JEUNESSE SAGE. C’EST UNE DÉMOCRATIE QUI COMMENCE À CREVER.
Franky Vasco.