Parce que l’écologie sans lutte des classes, c’est du jardinage.

3 j 
Aujourd’hui après le boulot et avant la sieste j’ai fait un truc que je ne pensais jamais faire et que d’ailleurs personne ne fait.
Je me suis intéressé à la primaire des Verts.
Les Verts, devenu EELV, est un parti hybride. Mélange d’aspirant.e.s politicard.e.s dont l’écologie est un simple argument de carrière électorale et qui se sont toujours recyclé.e.s dans les arcanes de feu le PS et aujourd’hui dans la macronie. Mais aussi de quelques militant.e.s plus sincères ayant parfois un rôle actif dans les luttes environnementales mais aussi féministes, LGBTQI, contre le racisme ou en soutien aux exilé.e.s. Beaucoup plus rarement, si ce n’est jamais, dans les luttes sociales. Parce que la base électorale, comme militante, de ce parti reste essentiellement petite-bourgeoise.
C’est ce mélange qui a produit un programme et des positionnements qui depuis toujours sont essentiellement sociaux-libéraux d’un point de vue économique, très proche du PS et beaucoup plus progressistes sur les autres sujets, assez proche de ce que peut proposer la gauche radicale.
Ce qui en fait le ciment c’est le projet politique d’un « capitalisme vert ». Reste à voir de quel type de capitalisme et c’est ce que recoupe les différentes sensibilités incarnées par les 5 candidat.e.s à ces primaires.
On peut certainement les ranger en deux catégories: les libéraux pur jus, les macronistes verts (Jadot, Batho, Governatori) et les antilibéraux aujourd’hui courtisés par envie ou calcul politique par Génération.s ou la FI (Piolle, Rousseau).
Dans la première catégorie, je passe sur Governatori, un capitaliste escroc notoire, grand pote de Lalanne qu’il a financé pendant des années et qui assume en disant que « l’écologie politique doit se débarrasser de la gauche ». Je passe aussi sur Delphine Batho, représentante de Génération Ecologie, un groupuscule de droite.
Mais il y a surtout Jadot. Son projet politique s’inscrit dans une continuité certaine de la politique de Macron. Sa principale proposition « écologique » ressemble très fortement à la taxe carbone qui avait en partie été à l’origine de la mobilisation des GJ, autrement dit une écologie bourgeoise qui veut faire payer aux pauvres le prix du changement climatique. Pas étonnant que ce soit le favori des médias et des capitalistes.
A noter que pas un.e ne met la question du nucléaire au centre de son programme, cédant aux lobbys du secteur qui essaient de le présenter comme un outil dans la lutte contre le dérèglement climatique.
Puis il y a les deux candidat.e.s de « gauche ». Et je met des guillemets surtout pour Piolle. Parce que lui c’est le faux-ami par excellence. Pas besoin de lire son programme pour connaître sa politique, il suffit de regarder son bilan à Grenoble qu’il dirige depuis 7 ans. Et à côté de quelques mesures qui ont effectivement du sens d’un point de vue environnemental, il a à son actif un plan d’austérité ayant entraîné la fermeture de plusieurs bibliothèques de quartiers et une longue grève des territoriaux réprimés dans la violence. La coupure d’eau et d’électricité en plein hiver à un immeuble HLM géré par la ville que le DAL avait réquisitionné pour loger des sans-abri.e.s et des exilé.e.s ou encore la destruction de plusieurs immeubles du quartier populaire de Villeneuve contre la volonté des habitant.e.s qui s’était exprimé.e.s à travers un RIC. Et j’en passe et des meilleures. Ça me faisait gerber de voir ce mec incarner la « gauche d’EELV » et ça en disait d’ailleurs long sur ce parti. Mais heureusement pour elles et eux est arrivé Sandrine Rousseau.
Et je dois dire que ses positionnements clairs sur l’écoféminisme, sur le racisme, sur les questions de genre me la rend assez sympathique. Par contre, au niveau économique ça reste particulièrement creux. On y retrouve les lubies d’un « capitalisme social et solidaire ». Notamment à travers la mise en place d’un « revenu universel », qui n’est en réalité qu’une resucée du RSA et de la prime pour l’emploi qui ne dit rien du problème de fond: peu importe comment l’on nomme les minimas sociaux, le problème c’est qu’ils soient fixés en dessous du seuil de pauvreté… et quand bien même on les réhausserait on ne pourrait éviter un effet inflationnaire qui annihilerait rapidement le gain de pouvoir d’achat. Parce que le sujet qui doit se poser c’est qui contrôle le marché et la production? Au profit de quels intérêts?
Parce que c’est bien une poignée de capitalistes qui détruisent la planète, produisent toujours plus de CO2, toujours plus de déchets nucléaires malgré les « accords », malgré les prévisions de plus en plus catastrophiques du GIEC, malgré les promesses des différents gouvernements. Et que ce n’est certainement pas en faisant pipi sous la douche que l’on changera la donne.
Et elle est bien là la divergence de fond que les révolutionnaires ont avec les réformistes même quand on a des tas de luttes et de revendications communes: Il n’est pour nous pas possible de réformer le capitalisme, de le rendre plus vert, plus humain, plus social.
Aucun pouvoir politique ne pourra changer la nature intrinsèque des capitalistes, leurs intérêts objectifs et leur pouvoir économique restera toujours plus fort que n’importe quel gouvernement. La seule solution, c’est de les exproprier et ça ne pourra se faire qu’avec la mobilisation du plus grand monde contre un ordre social injuste.
Ça ne pourra se faire qu’en menant la lutte des classes jusqu’au bout.
Qu’en menant une propagande politique résolue contre le capitalisme.
Alors mes deux candidat.e.s pour la « primaire écologiste » c’est les luttes
Parce que l’écologie sans lutte des classes, c’est du jardinage.
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