Amélie de Montchalin à l’OCDE, et les accusations de copinage sont relancées

L’ancienne ministre de la Fonction publique devient « ambassadrice, représentante permanente de la France » auprès de l’OCDE.

MICHAL CIZEK VIA GETTY IMAGES
Amélie de Montchalin (ici le 28 novembre 2019) à l’OCDE, et les les accusations de copinage sont relancées

POLITIQUE – Une nouvelle mission après la déroute aux législatives. L’ancienne ministre Amélie de Montchalin a été nommée ce mercredi 23 novembre ambassadrice auprès de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), comme cela figure au compte rendu du Conseil des ministres tenu le même jour.

Battue aux législatives dans l’Essonne en juin par le candidat de la Nupes Jérôme Guedj, celle qui a occupé le poste de secrétaire d’État aux Affaires européennes entre 2019 et 2020, de ministre de la Fonction publique entre 2020 et 2022 avant enfin de se retrouver à la Transition écologique entre mai 2022 et juillet 2022, a été nommée « ambassadrice, représentante permanente de la France » auprès de l’OCDE.

Après sa défaite électorale, l’ancienne députée âgée de 37 ans et militante au parti présidentiel Renaissance, avait dû quitter le gouvernement, conformément à une règle non écrite mais maintenue en vigueur par le président Emmanuel Macron. Et depuis le scrutin, le chef de l’État s’échine à trouver un point de chute à nombreux de ses anciens ministres.

Pluie de critiques

Avec la nomination d’Amélie de Montchalin à l’OCDE, le Conseil des ministres a également entériné l’arrivée de l’ancien chef du gouvernement Jean Castex à la tête de la RATP. Quelques jours auparavant, Christophe Castaner héritait, lui, du poste de président du conseil d’administration de la Société concessionnaire française pour la construction et l’exploitation du tunnel routier sous le Mont-Blanc après avoir été nommé au grand port maritime de Marseille.

Comme à chaque fois, les critiques ne manquent pas d’affluer avec l’officialisation de l’arrivée d’Amélie de Montchalin à l’OCDE. « La république des copains, épisode 8757 », fustige par exemple le député insoumis Thomas Portes, sur Twitter, en ajoutant : « D’un côté, ça baisse les indemnités des chômeurs, de l’autre, ça recase ses amis. Gouvernement de la honte au service des riches. » « Pour les macronistes, diminuer la période d’indemnisation chômage de 25 %… Zéro problème ! Ils sont tous recasés très vite dans des multinationales ou les hautes institutions », ajoute sa collègue Aurélie Trouvé.

Des critiques qui ne se bornent pas à la sphère politique. La CFTC du ministère des Affaires étrangères estime de son côté que la nomination de l’ancienne ministre, qui avait œuvré pour la transformation de la haute fonction publique, s’inscrit « dans la perpétuation d’une forme de rente -celle d’y désigner d’anciens ministres- que ses réformes prétendaient remettre en cause ». Le syndicat ironise ainsi sur « une personnalité particulièrement engagée depuis 2019 dans la suppression de la diplomatie professionnelle de notre pays », dans un communiqué offensif.

Rare voix à se réjouir, le secrétaire général de Renaissance Stéphane Séjourné a de son côté salué cette nomination dans un communiqué. Il indique mettre fin aux fonctions de l’ancienne ministre au sein du parti, à sa demande. Elle reste toutefois adhérente.

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