2023 : CHUTE DE MACRON ET GREVE GENERALE EUROPEENNE ?

Jacques Chastaing a partagé une publication.

3 h 
Les grèves en Grande-Bretagne sont en train de se généraliser en ce mois de décembre avec près de 1,5 millions de travailleurs en grève et notamment à Noël. Les infirmières n’avaient jamais fait grève. Du jamais vu depuis 1989 voire 1926 ! La plupart des grévistes exigent maintenant des augmentations en moyenne de 20% contre l’inflation mais aussi pour compenser ce qui a été volé depuis des années et certains secteurs patronaux, par peur que tout soit emporté, commencent à céder. Le gouvernement Conservateur ressemble de plus en plus à un gouvernement de zombies qui essaie de faire peur mais totalement impuissant, ses premiers ministres tombent comme des mouches.
En Italie, après une grève générale le 2 décembre puis une manifestation nationale le 3 décembre, les travailleurs italiens ont remis ça les 14 et 16 décembre par des grèves générales régionales. De leur côté, les travailleurs grecs après déjà une gréve générale le 9 novembre puis une énorme manifestation des retraités le 12 décembre, redescendaient dans la rue pour une nouvelle grève générale le 17 décembre. En Belgique, une manifestation nationale le 16 décembre prolongeait une grève nationale le 9 novembre avant une nouvelle grève générale annoncée pour février. Au Portugal, les enseignants sont en grève générale illimitée et les cheminots vont faire grève à Noël et Nouvel an.
2023, avec la continuation et l’aggravation annoncée de l’inflation, devrait encore accentuer cette tendance à la lutte au point qu’une grève générale européenne pourrait bien être un horizon atteignable cette année.
Dans ce contexte, prudemment, Macron a préféré repousser du 15 décembre au 10 janvier l’annonce de sa destruction des retraites. Ce qui se passe en Europe lui fait peur et ce qui gronde en France aussi.. Il aimerait bien trouver des alliés dans le front syndical moyennant quelques bricoles sur la pénibilité du travail par exemple, mais pour le moment ça ne marche pas. Cette situation fait que le gouvernement lui-même semble divisé et que LREM n’est même pas sûr de certains de ses propres députés sur la question des retraites alors qu’il est déjà en minorité à l’Assemblée. Bref tout indique que cette réforme pourrait unifier toutes les colères et mettre le feu aux poudres d’une rage souterraine qui se manifeste de manière dispersée au moins depuis 2016 et avoir, pourquoi pas, une extension européenne comme celle des Gilets Jaunes ou il y a plus longtemps mai 68.
Le gouvernement commence à trembler, sachant très bien que l’unification et la centralisation des colère autour des retraites pourrait conduire à la chute de Macron au vu de la détestation générale à son égard.
Déjà, les agents de la RATP annoncent une grève le 10 janvier, pour les salaires, mais aussi en riposte immédiate, qu’il faut soutenir, aux annonces gouvernementales ce jour-là, ce qui pourrait être la mèche devant le baril de poudre, en en entraînant bien d’autres par dessus les directions syndicales qui tergiversent, attendant de voir ce que va être cette réforme… comme si on le savait pas !
D’autres signes montrent également ce désaveu général de la politique des directions syndicales et inquiètent à fortiori le gouvernement, parce que cela montre une certaine « giletjaunisation » au sein des entreprises, avec les contrôleurs de la SNCF qui ont réussi une grève très suivie, et probablement pas finie en cette période des fêtes comme bien d’autres grèves qui ne respectent pas la « trêve » de Noël, en s’organisant eux-mêmes par le biais des réseaux sociaux. Ça pourrait peut être aussi le cas chez aiguilleurs SNCF comme ça l’avait déjà été chez Daher pour Airbus, ISS, AAA ou chez Stelia. Bref, en germe, un possible développement de l’auto-organisation et à une échelle plus large l’apparition de coordinations.
2023 s’annonce comme une année de chambardements. Soyons prêts.
Jacques Chastaing le 18 décembre 2022
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