« Rétablir l’ordre Républicain » : Glucksmann légitime la répression coloniale en Kanaky

RÉVOLTE EN KANAKY

« Rétablir l’ordre Républicain » : Glucksmann légitime la répression coloniale en Kanaky

Interviewé ce jeudi 16 mai par Public Sénat, Raphaël Glucksmann a appelé à « rétablir l’ ordre Républicain » en Kanaky. Un soutien clair du candidat socialiste à la répression coloniale menée par le gouvernement Macron.

Léo Stella

17 mai

Crédit photo : capture d’écran d’une vidéo de Public Sénat

Raphaël Glucksmann, tête de liste pour le PS aux européennes a affirmé lors d’une interview pour Public Sénat qu’« il faut rétablir l’ordre Républicain en Nouvelle-Calédonie et mettre fin au violence » tout en en plaidant pour une « suspension de la révision constitutionnelle » afin de renouer avec les accords de Matignon de 1988.

Alors que depuis maintenant 4 jours, le gouvernement et les milices caldoches répriment violemment et dans le sang la révolte de la jeunesse kanake, l’appel au retour à l’ordre de Raphaël Glucksmann ne peut s’entendre que comme un soutien à la répression coloniale de l’exécutif. Il légitime ainsi la violence inouïe qui s’abat sur la mobilisation du peuple kanake qui ne fait que s’accentuer et participe à la criminalisation du mouvement aux côtés des médias, de la droite et de l’extrême-droite.

Les déclarations de Glucksmann ne font que défendre la position du PS qui, le même jour, a sorti un communiqué appelant lui aussi à restaurer l’ordre public. Le communiqué, qui condamne les violences dès ses premières lignes, rappelle tout au long du texte la « nécessité d’assurer la sécurité publique » et « l’ordre Républicain ». Des propos qui, là aussi, légitiment la mise en place de l’État d’urgence, la répression policière appuyée par des unités d’élite comme le RAID, accompagné des milices caldoches et loyalistesl’assignation à résidence de plusieurs militants du CCAT et surtout rappelle les positions pro-coloniales du PS.

Le reste du communiqué lance des appels creux de « suspensions de la révision constitutionnelle » et d’appels au « calme » sans critiquer ou remettre en question la politique de l’exécutif quant à son passage en force vis-à-vis sur la question de l’indépendance. De la même manière, le PS ne mentionne en aucun cas qu’un retour au statu quo en Kanaky reviendrait à imposer une paix injuste en faveur de Paris et de ses relais locaux, contre les intérêts du peuple kanak, des classes populaires et de la jeunesse de l’archipel.

Le dernier aspect que le PS et Glucksmann ne cessent de mettre en avant est de revendiquer les accords de Matignon, initiés par le gouvernement Michel Rocard en 1988. Là encore, le PS gomme le fait que ces accords avaient pour but de stabiliser la situation pour l’impérialisme français et ont été obtenus après des mobilisations importantes de luttes pour l’indépendance de la Kanaky et surtout le massacre de la grotte d’Ouvéa. Ce massacre colonial, orchestré par le gouvernement Chirac, a été réalisé sous la présidence Mitterrand qui a laissé faire pour défendre les intérêts géostratégiques français.

Après avoir légitimé la répression policière des étudiants de Science Po en soutien à la Palestine, Glucksmann n’a fait que rappeler les positions impérialistes du PS. Contre le gouvernement et les bourgeoisies française et caldoche qui accompagnent la répression du mouvement kanake, il faut poursuivre et élargir le mouvement pour défendre le droit à l’auto-détermination des peuples autochtones de l’archipel. Un combat profondément légitime que le mouvement ouvrier et la jeunesse dans l’hexagone doivent soutenir haut et fort, en dénonçant l’état d’urgence, la répression meurtrière, et en revendiquant le droit des Kanak à décider de leur destin, et à mettre fin à plus de 170 ans de colonisation.

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