Dissolution de l’Assemblée nationale : François Ruffin appelle la gauche à former un «Front Populaire»

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Le député LFI de la Somme a appelé l’ensemble des responsables de parti de gauche à s’unir en vue des législatives du 30 juin et du 7 juillet. Un appel au «front populaire» relayé par le socialiste Olivier Faure.

C’est un tremblement de terre politique, dont les ondes sismiques ont pris de court une gauche éclatée ce dimanche soir. La dissolution surprise annoncée par Emmanuel Macron, dans la foulée des résultats des élections européennes, a contraint les forces de gauche à penser leur recomposition avant l’heure. Arrivé largement en tête du scrutin (31,47 %), le Rassemblement national (RN) est parvenu à creuser un fossé abyssal avec la deuxième liste, menée par la macroniste Valérie Hayer (14,56 %). Une victoire qui a poussé le président de la République à convoquer de nouvelles élections législatives dès le 30 juin et le 7 juillet.

Recomposition de l’ancienne Nupes

Sans attendre l’allocution présidentielle, l’électron libre de La France insoumise (LFI) François Ruffin s’est affairé à baliser l’après-européennes à gauche, en appelant au rassemblement. «L’union est possible avec tout le monde. Je dis à Marine Tondelier Fabien Roussel Olivier Faure Jean-Luc Mélenchon : est-ce qu’on veut gagner ensemble ou perdre séparés ?», a interrogé l’élu de la Somme sur TF1. Un appel réitéré une fois le couperet de la dissolution tombé, sur BFMTV cette fois. «Je le dis avec gravité, avec responsabilité, il nous faut une gauche unie, il faut arrêter les conneries. C’est le seul moyen aujourd’hui de faire front au Rassemblement national», a estimé celui qui qualifie Emmanuel Macron de «taré à la tête de l’État»«Et j’en appelle dès ce soir Marine Tondelier, Olivier Faure, Fabien Roussel, Manuel Bompard pour qu’on se range derrière une barrière commune, une barrière Front populaire», a déclaré l’Insoumis.

Une convocation symbolique à «l’histoire de notre pays» qui doit provoquer l’électrochoc nécessaire à la recomposition de l’ancienne Nupes. Scellée en juin 2022, la coalition s’était effondrée sur fond de polémiques et de divergences, notamment sur le conflit au Proche-Orient. «L’histoire nous montre que la crise de 1929, elle a abouti au nazisme en Allemagne, mais elle a abouti au Front populaire en France», a argué François Ruffin. Et de marteler, face à la «deuxième raclée» qu’il pense assurée de la macronie : «Ce soir, je viens dire à la gauche : “Unis, nous pouvons gagner.”»

Socialistes et écologistes favorables à l’union

Le même appel avait été déjà formulé par la tête de liste écologiste Marie Toussaint, après sa «défaite amère» aux européennes (5,47%). Volonté d’unité plus timide au Parti socialiste (PS), auréolé d’un score à deux chiffres (13,80%) grâce à la campagne réussie du candidat Place publique Raphaël Glucksmann. Sur le plateau de TF1 dimanche soir, le premier secrétaire du parti à la rose, Olivier Faure, a sobrement appelé à un «rassemblement utile». Avant de se prononcer plus franchement en faveur d’«un front populaire contre l’extrême droite» ce lundi matin sur France Info. Tout en prenant soin de ne pas énoncer le nom de ses futurs alliés.

De son côté, le leader Insoumis Jean-Luc Mélenchon n’a pas fermé la porte à des discussions avec le reste de la gauche. «Nous pouvons gagner à nouveau si nous sommes capables de comprendre que la France n’attend pas des embrouilles, des parlottes, des bavardages et des alliances qu’on trahit à la première occasion», a-t-il affirmé. Une position répétée dans un communiqué de La France insoumise ce lundi matin. «Aujourd’hui nous proposons à toutes celles et tous ceux qui le souhaitent de se regrouper autour de ce programme. Ce rassemblement ne pourra s’opérer que dans la clarté et dans la cohérence qui ont tant manqué depuis 2022», peut-on lire.

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