Le syndicat des magasins et des distributeurs bio écope d’amendes à hauteur de 12,67 millions d’euros pour des pratiques jugées anticoncurrentielles
L’Autorité de la concurrence a prononcé, jeudi 16 avril, des amendes d’un total de 12,67 millions d’euros contre le syndicat des magasins bio spécialisés Synadis Bio et des filiales de Carrefour et d’Intermarché-Les Mousquetaires pour une « entente » de plus de sept ans dans la vente de produits bio.
Cette « stratégie collective » visait « à empêcher la commercialisation des mêmes marques de produits bio au sein » des magasins spécialisés d’une part, et des grandes surfaces généralistes d’autre part, « afin d’éviter une comparabilité des prix entre les deux circuits », a précisé, dans sa décision, l’autorité de régulation. La comparabilité des tarifs « aurait pu conduire à une baisse généralisée des prix au détriment » des magasins spécialisés, est-il ajouté.
Synadis Bio, qui représente des enseignes comme La Vie Claire, Biocoop, Naturalia (filiale de Casino) ou Accord Bio, a écopé de la plus forte amende, de 10 millions d’euros, pour avoir mis en place cette stratégie de mars 2017 à octobre 2024 dans le cadre de réunions de son conseil d’administration, « puis d’un règlement intérieur adopté en 2018 ».
D’autres sociétés « ont également participé activement » à ces pratiques de manière plus ponctuelle, selon l’Autorité. Parmi elles, Greenweez, spécialiste de l’e-commerce et du bio, est sanctionné à hauteur de 1,85 million d’euros, « solidairement avec sa société mère Carrefour SA ».
« Fort développement de l’offre »
Une amende de 740 000 euros est en outre infligée à ITM Entreprises, solidairement avec sa société mère Les Mousquetaires, tandis que Les Comptoirs de la Bio, enseigne spécialisée bio du groupement Mousquetaires-Intermarché, écope de 80 000 euros d’amende.
Les enseignes représentées par Synadis Bio comptent 2 000 magasins qui réalisent environ 3 milliards d’euros de chiffre d’affaires annuel, représentant 40 % à 50 % de la distribution bio en France et 15 000 emplois.
L’entente dénoncée jeudi s’est « déroulée dans un contexte marqué par le fort développement de l’offre de produits bio dans le circuit » généraliste, « devenu le premier circuit de distribution de ces produits depuis 2016 », selon l’Autorité de la concurrence.
Cette dernière n’a pas retenu la participation d’autres entreprises initialement mises en cause, à l’instar de Sobio et CSF, détenues par Carrefour, a-t-elle précisé jeudi lors d’une conférence de presse.